Le pèlerinage de Shikoku
Un guide pour les francophones


Carte

Introduction

De la naissance à la mort, l'être humain s'entoure aussi bien de choses importantes que de choses futiles. Au dernier jour, il est entouré de sa famille, des biens qu'il laisse, de fleurs, de souvenirs.

Arrêtons-nous ici et considérons un instant la nature qui n'embarrasse la création d'aucune décoration et l'univers dans son ensemble. N'est-il pas tentant de nous y plonger sans retenue ? Ce monde de simplicité frugale où nous pouvons nous épanouir comme si épanouissent les plantes et les animaux, il est là.

Il est recommandé de faire le pèlerinage seul pour y découvrir une meilleure manière de vivre.

Le pèlerinage est d'une grande profondeur sans que l'on puisse en comprendre tous les fondements. C'est un vagabondage dans la confusion d'un questionnement sans fin, qui nous amène finalement à chaque fois à un nouveau pèlerinage dans un cheminement sacré donc le seul but est l'élévation spirituelle. La vie elle-même n'est finalement qu'un pèlerinage.

 

Ce livre a été écrit dans le but de rassurer les pèlerins non japonais qui n'ont pas les connaissances de base locales ou historiques relatives au pèlerinage, dans une forme qui présente ces informations de manière simplifiée et synthétique. Il s'adresse aux personnes qui veulent parcourir le pèlerinage à pied, mais il contient également les informations nécessaires à un pèlerinage soit en vélo soit avec d'autres moyens de transport. N'utilisez que les informations qui vous semblent nécessaires.

Le chapitre 22 qui s'intitule « Légendes liées au pèlerinage » présente des informations qui donnent l'éclaircissement ou l'arrière-plan historique nécessaire pour apprécier ce qui a été vu ou entendu pendant le pèlerinage et qui permettent ainsi d'en avoir une compréhension plus intime.

Pour conclure, j'ai essayé de donner à ce travail qui présente un fait religieux la forme la plus universelle possible, mais malgré ces efforts il est possible que le texte proposé ne satisfasse pas les attentes de ses lecteurs.

 

Naoyuki Matsushita
http://henro88map.com/
Traduit du japonais et de l'anglais par Jean-Christophe Helary

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1. Le pèlerinage

Le pèlerinage de Shikoku (on dit « Shikoku Henrō », mais aussi « Ō Shikoku ») relie en boucle les 88 lieux sacrés de Shikoku où il est dit que Kōbō Daishi (aussi connu sous le nom de Kūkai, 774-835) a approfondi sa connaissance du bouddhisme. Ses 1142 kilomètres sont un moyen de se rapprocher de l'état de Satori, entouré par les temples, la nature qui longe la route, les paysages, mais aussi les hommes, la culture, les statues de Bouddha.

Aujourd'hui, c'est devenu une pratique qui dépasse la retraite religieuse et que certains entreprennent pour une convalescence, pour se souvenir de proches décédés, pour la sécurité du foyer, mais aussi pour retrouver la sérénité, pour améliorer sa santé, dans le cadre de la randonnée, pour le tourisme. Les pratiques sont aussi diverses que les pratiquants et l'époque a beaucoup modernisé les approches.

À l'origine retraite sainte, les habitants conservent ce rapport au pèlerin et l'accueillent avec chaleur, mais sans oublier les règles du pèlerinage. Mais sans envisager celui-ci sous sa forme la plus stricte, un simple départ permettra au pratiquant, au fil des étapes, de reprendre le contact avec le sacré, de réfléchir à soi-même et finalement de se retrouver.

La porte du pèlerinage est ouverte à tous, sans considération de nationalité, de sexe, d'âge, de statut social, de tenue vestimentaire ou autres.

Au fur et à mesure de l'avancée sur le chemin, de nombreuses choses viendront à l'esprit. On repense au passé, à ce que l'on a fait, ce que l'on voit et que l'on entend, tout nous interpelle et nous fait réfléchir. Le pèlerinage de Shikoku est cet espace hors du quotidien qui nous donne la chance de nous retrouver.

Pourquoi Shikoku ?

Ce n'est pas tant l'arrivée au but qui importe, mais le voyage lui-même. C'est lui qui nous permet de nous ressourcer spirituellement et de faire autant d'expériences. Les chemins escarpés de montagne ou les routes pavées, la pluie, les égarements, chaque épisode restera dans notre mémoire et aura peut-être une influence sur notre seconde vie, après la fin du voyage. Mais ceci, chaque chemin de randonnée peut l'offrir. Sur Shikoku, les temples qu'on trouve au long du voyage nous offrent également une initiation spirituelle. Le pèlerinage de Shikoku nous offre d'un côté une nature luxuriante et un climat agréable et de l'autre un lieu de tranquillité où l'on peut se confronter à soi-même.

En échange de l'offrande d'un sutra, le temple pose son tampon sur le carnet de pèlerinage, mais les expériences vécues sur ce chemin ne peuvent en aucun cas se résumer à la simple collection des tampons. Ce n'est pas seulement le corps qui se renouvelle sur le chemin, mais l'esprit aussi.

Les quatre préfectures de Shikoku divisent les 1142 kilomètres de route en quatre zones qu'on appelle dojo (lieux de la pratique).

88map.pdf

Dans le sens des aiguilles d'une montre :
Préfecture de Tokushima (Awa) Hasshin-no-dojo = lieu du réveil spirituel
Préfecture de Kochi (Tosa) Shugyō-no-dojo = lieu de la pratique ascétique
Préfecture d'Ehime (Iyo) Bodai-no-dojo = lieu de l'illumination
Préfecture de Kagawa (Sanuki) Nehan-no-dojo = lieu du Nirvana

Les noms entre parenthèse sont les noms des préfectures avant 1868. Contrairement à beaucoup d'autres préfectures, les frontières entre préfectures aujourd'hui correspondent aux frontières anciennes et les anciens noms sont encore fréquemment utilisés.

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2. La terre de Shikoku

Shikoku est une des quatre principales îles du Japon. Elle est la plus petite en superficie avec seulement 5 % de la superficie totale, 3 % de la population et moins de 3 % de l'activité économique. Elle bénéficie cependant d'un considérable capital social grâce au développement économique japonais. La nature et les traditions y sont encore très présentes et c'est un lieu où les rencontres avec les habitants baignés dans la culture locale sont toujours cordiales.

Pour un Japonais, Shikoku offre comme image la richesse de sa nature, les îles de la Mer intérieure de Seto d'un côté et la beauté de la côte pacifique de l'autre, des paysages pastoraux, un climat clément et bien sûr les plus vieilles sources thermales du Japon : le Dogo Onsen. Sa cuisine est particulière, avec de nombreuses préparations des fruits de la mer, des udon de Sanuki ou encore de très nombreuses variétés d'agrumes.

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3. La saison du pèlerinage

Température / Précipitations / Heure d'ensoleillement / Nombre de jours de pluie (par mois)

"

La saison la plus propice au pèlerinage s'étend de mi-mars à mai, puis d'octobre à novembre.
Les mois de juin et juillet sont les mois de la saison des pluies (baiyu) et si août et septembre ont un temps plus stable, ce sont aussi deux mois où les typhons sont nombreux.
De décembre à février la température peut baisser jusqu'à 0˚ et des vagues de froid soudaines recouvres les zones montagneuses de neige et gèlent les routes pour les rendre impraticables. Juillet et août voient la température souvent dépasser 35˚ et les routes du pèlerinage voient chaque année de nombreux pèlerins succombant à la chaleur se faire transporter d'urgence par ambulance.

Solstice d'hiver (mi-décembre) lever du soleil à 7h, coucher du soleil à 17h
Solstice d'été (mi-juin) lever du soleil à 5h, coucher du soleil à 19h20

La façade nord de Shikoku (Mer intérieure de Seto) est la région aux précipitations les plus faibles de tout le Japon, alors que la façade sud (Pacifique) a les plus fortes pluies de l'archipel. Le nombre de jours de pluie n'est cependant pas très différent. Les pluies qui s'abattent sur le côté Pacifique s'affaiblissent pour devenir de faibles précipitations du côté de Seto.
Les températures ne sont pas très différentes entre le nord et le sud de l'île. Considérons maintenant les saisons.
De la mi-mars au début avril c'est la saison des cerisiers et c'est dès fin avril jusqu'à début mai qu'on apprécie le renouveau de la couverture verte. Fin novembre, c'est l'été indien qui illumine un certain nombre de lieux très appréciés.

Le pèlerinage en été se fait de préférence tôt le matin et en fin de journée. De 10h à 16h il est préférable de se reposer dans un abri à l'ombre. Une demi-journée avant d'entamer un chemin de montagne il est conseillé de préparer deux litres d'eau en bouteille.
Le pèlerinage en hiver permet de voyager dans la journée sans trop se couvrir, mais attention, dès que le soleil est dissimulé la température chute brusquement. Les jours de pluie peuvent occasionner des hypothermies et il est très fortement conseillé de particulièrement se parer contre la pluie.

Si l'on considère un habillement standard, la saison de juin à septembre s'accorde autorise des chemises à manches courtes et des pantalons courts, alors que la saison de décembre à février requiert des vêtements de type duvets.

Pendant les saisons douces le nombre de pèlerins augmente considérablement. On trouve parfois des files d'attentes, en particulier les week-ends et jours fériés, et les heures où les pèlerinages en cars arrivent aux temples. Dans ces cas-là, il est préférable de déposer son sutra avant de se recueillir. On peut également profiter des temps d'attente pour visiter les parties moins visibles du temple. Dans ce voyage de recueillement, ne jamais perdre patience !

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4. Durée et données géographiques

La durée du pèlerinage dépend de chaque personne. C'est en tant que cartographe que j'ai fait cette carte des élévations et distance qui propose un parcours standard partant sur la base d'un déplacement de 3,5 km/h (2 km/h pour les chemins de montagne) pour une personne moyennement constituée avec un séjour d'une journée au départ et à l'arrivée et de 30 minutes pour le rituel dans chaque temple. Il existe plusieurs routes possibles pour le pèlerinage, mais je pense avoir proposé ici la plus simple. (Application de cartographie : PC-Mapping)

La distance est prise au niveau de l'eau et ne tient pas compte de l'inclinaison. Une journée est considérée comme commençant à 7h du matin et finissant à 17h en comprenant un repas de midi et des périodes de repos.

 

Carte des élévations et distances
Distance totale (T1-T1)= 1 141,7 km (T1-T88)=1 096,5 km

Altitude

Les données relatives à l'altitude proviennent de l'Institut d'études géographiques et sur la base de courbes de niveau de 5 ou 10 m ont permis la création de cette carte avec le logiciel PC-Mapping.

SectionMontée (m)Descente (m)SectionMontée (m)Descente(m)
1-2 11 -13 46-47 18 -15
2-3 22 -28 47-48 2 -51
3-4 115 -55 48-49 16 -8
4-5 11 -68 49-50 39 -25
5-6 27 -24 50-51 31 -46
6-7 26 -3 51-52 122 -103
7-8 92 -24 52-53 7 -74
8-9 0 -79 53-54 293 -274
9-10 137 -9 54-55 49 -68
10-11 72 -193 55-56 15 0
11-12 1,369 -700 56-57 33 -9
12-13 569 -1,251 57-58 254 -43
13-14 41 -34 58-59 31 -266
14-15 3 -21 59-60 886 -153
15-16 2 -7 61-61 255 -984
16-17 1 -3 61-62 7 -14
17-18 111 -43 62-63 8 -7
18-19 52 -125 63-64 43 -29
19-20 574 -76 64-65 765 -444
20-21 485 -477 65-66 1,045 -484
21-22 260 -723 66-67 112 -954
22-23 267 -286 67-68 38 -91
23-24 702 -562 68-69 0 0
24-25 62 -212 69-70 22 -28
25-26 169 -23 70-71 256 -48
26-27 672 -401 71-72 66 -242
27-28 256 -615 72-73 52 -1
28-29 30 -89 73-74 9 -82
29-30 80 -81 74-75 11 -4
30-31 157 -49 75-76 6 -16
31-32 135 -171 76-77 2 -17
32-33 25 -107 77-78 39 -23
33-34 35 -31 78-79 36 -35
34-35 154 -29 79-80 56 -43
35-36 306 -396 80-81 433 -184
36-37 1,322 -1,152 81-82 312 -238
37-38 1,322 -1,535 82-83 119 -440
38-39 830 -790 83-84 299 -50
39-40 963 -985 84-85 236 -299
40-41 1,362 -1,202 85-86 53 -274
41-42 68 -55 86-87 62 -27
42-43 457 -374 87-88 770 -359
43-44 1,688 -1,394 88-1 879 -1,305
44-45 640 -632      
45-46 907 -1,394 total 24,376 -24,376

Données ajoutant les 20 temples supplémentaires hors pèlerinage.

Les 20 temples supplémentaires ont été ajoutés en 1966. Il n'existe pas de chemin traditionnel du pèlerinage, les données ont été calculées en considérant un chemin normal pour effectuer le pèlerinage.
Distance de marche en ajoutant les 20 temples supplémentaires = 594,3 km
Distance de marche, sans passer par les 20 temples supplémentaires = 432,2 km
Différence = 162,1 km
Distance totale, en ajoutant les temples supplémentaires = 1141,7 km+162,1 km=1303,8 km

Altitude des temples supplémentaires (bâtiment principal)
1. Taisan-ji :
448.6m
2. Dogaku-ji :
40.9m
3. Jigen-ji :
559.9m
4. Saba Daishi :
11.5m
5. Daizen-ji :
26.1m
6. Ryuko-in :
22.8m
7. Shusseki-ji :
810.0m
8. Toyogahashi:
10.6m
9. Monju-in :
60.5m
10. Koryu-ji :
262.9m
11. Ikiki Jizo :
26.1m
12. Emmei-ji :
35.1m
13. Senryu-ji :
278.0m
14. Tsubakido :
104.2m
15. Hashikura-ji:
549.0m
16. Hagiwara-ji :
80.0m
17. Kannoji :
156.2m
18. Kaigan-ji :
2.5m
19. Kozai-ji :
9.9m
20. Otaki-ji :
910.0m

Note. Les 88 temples sont indiqués sur la carte des élévations et distances.

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5. La visite des temples

Sans se forcer à faire un tour complet, il est possible d'effectuer une partie du pèlerinage pendant votre séjour à Shikoku pour en apprécier pleinement la culture. Le pèlerinage complet demande du temps et de l'argent. Il est important d'établir un plan qui tienne compte de ses propres possibilités. Et vous pouvez prendre le temps qu'il vous faut, le pèlerinage n'est pas près de disparaître ! Et vous aurez peut-être le désir de vouloir le refaire ! On appelle ce désir la « maladie de Shikoku ».

Jun'uchi

C'est le nom du pèlerinage envisagé comme tour des temples dans le sens de leur numérotation. Je conseille fortement cet ordre aux personnes qui sont totalement étrangères à Shikoku. Les informations sur le Jun'uchi sont présentes sur tout le parcours et on peut même dire que sans carte ces informations suffiraient même à un débutant.

Le nom de Jun'uchi vient du terme « jun » qui signifie « ordre » et du terme « uchi » qui signifie dans ce contexte « rituel », mais qui usuellement signifie « frapper ». L'origine de cette signification vient du matériau des osamefuda, en métal ou en bois, qu'on clouait au temple dans les temps anciens. Cette pratique a été abandonnée à cause des dommages qu'elle causait aux bâtiments.

Aujourd'hui, nombreux sont les pèlerins qui parcourent le circuit dans les sens officiels. À l'époque où les transports en commun n'étaient pas encore développés, si l'on commençait par Tokushima, on prenait le bateau pour Naruto et l’on commençait par le temple numéro 1 ou encore par le 17, pour continuer dans l'ordre 16-15-14-13-11-12-18. On marchait ensuite jusqu'au 88 pour boucler le tour puis on finissait du 10 au 1. À partir d'Ehime, on prenait le bateau pour Takahama (Matsuyama) et et l’on commençait par le 52 pour finir par le 51. De Kagawa, on arrivait en bateau à Marugame pour commencer par le 78. On avait à l'époque beaucoup plus de liberté avec l'ordre

et la notion des quatre dojos n'existait pas encore. Ce n'est que bien plus tard qu'elle est apparue.

Gyaku'uchi

C'est le pèlerinage dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Dans cet ordre, les panneaux indicateurs du Jun'uchi sont inutilisables et il est bien plus fréquent de se retrouver perdu. La difficulté étant bien plus importante, il est dit que les bénéfices d'un Gyaku'uchi sont le triple de ceux d'un Jun'uchi. Comme on considère que Kōbō Daishi est toujours sur le Jun'uchi, les pèlerins du Gyaku'uchi ont parfois la chance de le rencontrer et de bénéficier de cette rencontre. Ces interprétations diverses tendent à confirmer que les panneaux indicateurs ont été installés dans les années '80,Au début du 20e siècle quand Takamure Itsue a publié son Musume Junreiki(en 1918, elle avait 24 ans), la direction du pèlerinage n'avait aucune importance et les deux étaient considérées équivalentes.

Tōshi'uchi

C'est le pèlerinage effectué en une seule fois.

Kugiri'uchi

Pèlerinage effectué en plusieurs voyages, par exemple le week-end seulement ou encore un circuit qui ne fait pas le pèlerinage dans sa totalité, mais seulement une partie. Dans ce cas, on a tendance à utiliser les transports en commun pour aller au point de départ et pour en repartir une fois arrivé à destination.

Les temples 71 à 78 ont une signification spéciale et sont dénommés « Nana-kasho Mairi » (le pèlerinage des sept lieux). On peut faire cette partie seulement en une seule journée et un carnet de pèlerinage spécifique existe.

Kechigan

On appelle Kechigan la complétion du pèlerinage. Le 88e temple a pour autre nom « le temple de Kechigan » sans considération pour l'ordre dans lequel le pèlerinage a été effectué. On considère également comme Kechigan le retour au point de départ, ou au point le plus proche, une fois le cercle du pèlerinage complété. Quelle que soit la forme prise par le Kechigan, l'étape suivante est en général d'en faire l'annonce directement à Kōbō Daishi en se rendant au mont Kōya. Cependant, on ne retrouve pas de traces de cette dernière étape au mont Kōya dans les archives d'avant la Seconde Guerre mondiale (à l'exception de Chōzen, en 1653).

Orei-mairi

En relation avec le Kechigan, une fois le pèlerinage achevé il est de coutume de retourner a temple de départ, ou à celui le plus proche pour offrir une prière de remerciement pour la complétion du pèlerinage.

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6. Moyens de déplacement

Les moyens de déplacement varient selon les pèlerins. La méthode la plus courante est la marche, mais pour des raisons diverses, dont le handicap physique, si le pèlerin a une bonne raison de vouloir faire le pèlerinage, ne pas le faire à pied ne peut être une raison de déconsidérer sa démarche. On observe cependant une augmentation de l'approche touristique grâce à des moyens de transport toujours plus pratiques.

À pied

C'est le style traditionnel et celui qui met le plus l'accent sur la pratique ascétique, mais également celui qui coûte le plus, qui demande le plus de temps et aussi de force physique pour marcher sans s'arrêter pendant toute la durée du pèlerinage. Il est de la plus grande importance de bien se préparer, d'avoir une opinion objective sur sa force physique et bien sûr d'entretenir sa condition. Il faut également se conserver des marges émotionnelles et ménager son temps pour pouvoir faire face à toute éventualité même si l'on ne progresse pas comme on aurait pu l'avoir prévu.

Selon le média, la durée totale varie entre 1 400 km et 1 200 km, mais ce document ainsi que le « Shikoku Japan 88 Route Guide » ont certainement les mesures les plus précises.
Les estimations les plus générales considèrent un déplacement d'environ 30 km par jour en plaine.

Il est primordial de prendre immédiatement soin de soi quand on sent que sa condition physique n'est pas satisfaisante, sans attendre d'en voir l'évolution (en prenant des médicaments contre le rhume, en utilisant des bandages et autres soutiens aux articulations).

Les conditions naturelles, s'égarer, autant d'éléments imprévisibles qui pourront vous forcer à changer votre plan, à prendre quelques jours de repos ou à éventuellement abandonner.

Le corps est frais le matin, et c'est là qu'on marche les plus longues distances, mais la fatigue arrive souvent l'après-midi et il est possible d'éviter de réduire son rythme en prenant de nombreuses pauses courtes.
Il est également conseillé de se préparer avant le pèlerinage en s'entraînant à marcher dans des conditions similaires.

Comme indiqué en carte des élévations et distances, le temps nécessaire au pèlerinage en tōshi'uchi est de 45 jours. En ajoutant les 20 temples bekkaku il faut 50 jours.

En vélo

Les chemins non pavés sont nombreux en montagne et il ne sera donc pas toujours possible de pratiquer les mêmes routes que celle du pèlerinage à pied.

Consultez la carte du Shikoku Japan 88 Route Guide pour la brochure Tourism Shikoku (http://henro88map.com/) pour trouver les routes praticables à vélo. Les chemins tracés en gris dans le Shikoku Japan 88 Route Guide sont des chemins non pavés.http://henro88map.com/

Il est possible d'avoir accès à proximité de tous les temples, y compris les « bekkaku » et à l'exception du temple 45, mais certains temples se trouvant au sommet de pentes abruptes leur accès en vélo pourra être difficile. Dans ces cas-là, envisagez la possibilité de confier la garde de votre vélo à une auberge ou un magasin au pied du temple sans oublier une marque de remerciement pour la personne qui aura gracieusement accepté d'en tenir la garde. Il n'est pas considéré poli au Japon de donner de l'argent à quelqu'un et vous pourrez essuyer des refus. Un petit souvenir de faible valeur que vous avez apporté de votre pays ou même une osamefuda suffiront dans la plupart des cas (également hors du pèlerinage).
S'il vous est impossible de faire garder votre vélo, parquez-le dans un espace adéquat au pied du temple, verrouillez-le et prenez avec vous vos bagages.

Le transport du vélo est possible en train, mais non en bus (que ce soit bus local ou, car autoroutier). Dans le train, il est obligatoire de retirer les deux roues et de ranger l'ensemble dans un sac de grande taille qui puisse tout contenir. Le pèlerinage en vélo prend environ 20 jours.

Transports en commun

Il est possible d'arriver à proximité de la plupart des temples en train ou en bus. Le Shikoku Japan 88 Route Guide inclut des horaires très pratiques, mais n'hésitez pas à demander aux auberges ou aux centres d'information indiqués à la fin de ce document pour en savoir plus.

Vous pouvez également envisager le train ou le bus pour les parties les plus longues entre deux temples. Le ticket pour votre destination s'achète en général dans la gare de départ. Certaines gares sans personnel seront équipées de distributeurs de tickets, mais il est aussi possible d'obtenir un ticket de départ auprès d'un distributeur dans le train qui servira pour indiquer la gare de départ et régler la somme nécessaire au chef de train pendant le trajet où à la descente. Il est possible d'utiliser une carte de crédit dans la plupart des gares desservies par les express, à leur guichet vert « Midori no mado-guchi ».

Pour les bus, il faut monter par la porte arrière et prendre un ticket de départ au distributeur qui y est installé comme preuve de station de départ. Les bus sont équipés de changeurs de monnaie (à l'exception des billets de 10 000 ¥) et le paiement s'effectue à l'avant du bus, à la descente.

Les régions de Muroto, Shimanto, Ashizuri, et Ainan n'ont que peu de lignes ferroviaires, mais les lignes de bus sont par contre particulièrement développées. Il est aussi possible d'utiliser des bus longues distances qui relient les grandes villes pour s'échapper un peu. Informez-vous auprès de votre auberge.

En car

Les agences de tourisme proposent des plans tout compris avec repas et hébergement. On peut faire le pèlerinage aussi bien en une fois qu'en plusieurs fois. Les guides qu'on appelle « sendatsu » donnent quantité d'informations et enrichiront votre connaissance du pèlerinage tout en améliorant la maîtrise des sutras, en comparaison aux pèlerins marcheurs. À part la compagnie Walking Softly, les agences qui organisent ce genre de tours n'offrent pas d'aide en langues étrangères, car elles ne s'adressent qu'à un public japonais. Une connaissance de la langue sera donc nécessaire.

Un pèlerinage complet peut coûter entre 210 000 et 250 000 ¥ et durer entre 9 et 12 jours.

Ex)

En voiture

Avec son propre véhicule ou un véhicule de location. Recommandé pour les personnes handicapées. On peut voyager sans se soucier de la saison et avec autant de bagages que l'on veut. L'absence d'auberge à proximité d'un temple n'est pas un problème puisqu'en peu de temps il est possible d'aller jusqu'à la ville la plus proche. La liberté permise par la voiture est considérable. Il est cependant nécessaire de maîtriser les règles de la circulation au Japon et de faire très attention, car un accident de la route peut avoir une incidence considérable sur votre plan. Il est possible de demander un système de navigation multilingue aux compagnies de location de véhicule.
Le pèlerinage durera autour de 10 jours.

En moto

La moto offre autant de liberté que la voiture, mais est similaire au vélo en termes de bagages emportés avec soi. Les routes qui mènent aux temples situés au sommet de leur montage sont tortueuses et mal entretenues. La conduite dans ces conditions nécessite une grande attention.

En micro-bus ou en taxi

Il est possible de louer un micro-bus ou un taxi en groupe, si vous vous entendez bien avec les personnes avec lesquelles vous aller voyager. Ceci est particulièrement pratique pour les personnes âgées ou les personnes qui peuvent difficilement marcher, en groupes de 7 ou 8.

De nombreux conducteurs sont des vétérans de la région et vous pourrez ainsi apprécier ses nombreuses explications. Le conducteur restera avec vous pendant tout le voyage, il est donc nécessaire de penser à sa rémunération, mais aussi à ses frais d'hébergement.
Selon les temples, le parking peut se trouver à une distance considérable du temple principal et vous pouvez être amenés à monter de nombreux escaliers avant d'arriver au sommet. Il est parfois possible d'utiliser ce genre de véhicule dédié pour arriver à proximité du temple principal.

Les agences proposent différents types de plans, à partir de 2 personnes, de 500 000 ¥, pour une durée minimale de 8 jours.

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7. Coûts et distributeurs automatiques

Coûts à envisager pour le pèlerinage à pied (estimations) : hébergement, repas, temples et autres

Hébergement

Zenkon'yado (sans repas) 0-4 000 ¥
Minshuku (2 repas) 5 500-7 500 ¥
Ryokan (2 repas) 5 500-20 000 ¥
Business Hôtel (sans repas) 3 000-8 000 ¥
Hôtel (sans repas) 6 500-40 000 ¥
Temple (2 repas) 6 000-8 500 ¥

Repas

petit-déjeuner : 300 ¥
On trouve des « morning set » dans tous les hôtels et cafés pour peu cher.
déjeuner : à partir de 350 ¥
On trouve des « lunch » dans tous les hôtels et cafés pour peu cher, à l'exception du week-end

Temples

Offrandes au temple principal et au temple Daishi pas obligatoire (10-100 ¥ par temple)
Tampon 200 ¥ par temple
Tampon sur hakui 300 ¥ par temple
Tampon sur rouleau 500 ¥ par temple

Autres

Communication, repas légers, boissons, santé et hygiène, moyens de transport

Coûts totaux

Le pèlerinage à pied demande environ 400 000 ¥ (10 000 ¥ par jour)
Le pèlerinage en vélo demandera autour de 200 000 ¥. En voiture les coûts descendront jusqu'à 150 000 ¥ (sans compter la location éventuelle du véhicule qui peut varier entre 70 000 et 130 000 ¥ selon le type).

  1. Les coûts varient selon la personne et n'incluent que l'hébergement et les repas à l'exclusion des souvenirs.
  2. Le trajet jusqu'à Shikoku n'est pas inclus.
  3. Les vêtements, chaussures et autres équipements peuvent coûter entre 40 000 et 50 000 ¥.

Distributeurs automatiques de billets

Un pèlerinage en tōshi-uchi demandera plus d'un mois. Pour éviter les pertes et vols d'espèces, il est recommandé de ne porter que le minimum avec soi et de faire des retraits en cours de route. Avec une carte de crédit japonaise, il est possible d'effectuer les paiements nécessaires dans de nombreux lieux d'hébergement, restaurants, supermarchés, etc., mais cela ne sera plus possible dans les auberges ou magasins tenus par des individus. Il sera donc nécessaire de préparer des espèces. Les cartes de crédit ou de paiement étrangères permettent d'effectuer des retraits en espèces au Japon.

1) Service de guichet automatique international de la Banque Postale

Les guichets automatiques de la Banque Postale sont particulièrement pratiques.
Renseignez-vous après de votre banque pour les conditions et frais d'utilisation.

http://www.jp-bank.japanpost.jp/en/ias/en_ias_index.html

Cartes de crédit acceptées

VISA, VISAELECTRON, PLUS, Master Card, Maestro, Cirrus, American Express, Diners Club, JCB,

China Unionpay, DISCOVER (décembre 2015)

L'écran possède une interface en anglais qui permet d'effectuer facilement des retraits. Les heures d'ouverture dépendent des guichets, mais s'étendent en général de 8:45 à 17:30 en semaine et de 9:00 à 12:30 le samedi. Les distributeurs disposés en centre-ville peuvent également être ouverts le dimanche et les jours fériés de 9:00 à 14:00. Il existe 16 jours fériés au Japon. Faites particulièrement attention du premier au 3 janvier et du 29 avril au 5 mai où les dimanches et les jours fériés s'enchaînent.

2) Distributeurs automatiques dans les supérettes (7 Eleven)

Ouverts tous les jours, à toute heure. Informez-vous des frais d'utilisation auprès de votre banque.

http://www.sevenbank.co.jp/intlcard/index11.html

Cartes de crédit acceptées

VISA, PLUS, Master Card, Maestro, Cirrus, American Express, JCB, China Unionpay,

DISCOVER et Diners Club, (décembre 2015)

L'utilisation est possible en anglais, coréen, chinois, portugais.
Il existait plus de 300 magasins de la chaîne sur Shikoku en février 2016, avec une tendance à l'augmentation.

Chèques de voyage

Les chèques de voyage American Express ($ américains, canadiens, australiens, livres sterling, gen chinois, won coréen) peuvent être convertis en yens dans les 14 bureaux de poste suivants dans Shikoku :

Tokushima Chūō, Naruto, Komatsushima, Aki, Kōchi Chūō, Kōchi Minami, Matsuyama Chūō,
       Imabari, Niihama, Kannonji, Marugame, Sakaide, Takamatsu Chūō, et Takamatsu Minami

Dans tous les bureaux de poste, il est possible d'envoyer des lettres par la poste aérienne pour 92 ¥ ainsi que des paquets.

Échanger des devises sur Shikoku

Les bureaux de poste indiqués ci-dessus permettent l'échange de devises étrangères (les devises sont les mêmes que pour les chèques de voyage).

À l'arrivée des lignes internationales de l'aéroport de Matsuyama, un guichet est ouvert pendant deux heures pour des échanges de billets exclusivement. L'hôtel Clement à Takamatsu autorise aussi les échanges pour ses clients (dans les deux cas, le nombre de devises est plus limité que pour les chèques de voyage). Les banques n'autorisent le change que pour les personnes détenant un compte.

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8. Marcher. Conseils pour établir la route

Repas, achats

On trouve quantité de restaurants, cafés, supérettes dans les centres-ville, mais dès qu'on s'en écarte leur nombre diminue considérablement, mais dans aucun cas il n'y aurait de risques de rupture de stock. Chaque région offre ses particularités culinaires locales, demandez aux habitants pour en savoir plus.

L'eau du robinet est potable sans problèmes, mais l'eau du robinet dans les toilettes publiques n'est en général pas propre à la consommation. On trouve des boissons sur le bord des routes dans les distributeurs automatiques qui acceptent en général les billets de 1000 ¥.

Le pèlerinage est une ascèse, mais l'alcool et les cigarettes sont laissés à votre jugement,
il n'y a pas d'interdiction particulière à ce sujet.

Supérettes Les supérettes sont ouvertes toute l'année une grande partie de la journée et offrent une grande variété de produits courants. (nourriture, boissons, biscuits, boîte de premiers secours, produits pour la lessive, sous-vêtements, produits de beauté, anti-insectes, piles, ustensiles de bureau, journaux, magasines, etc.)
Super marchés plus de produits que les supérettes, moins chers. Jours de fermeture hebdomadaire, heures d'ouverture plus courtes que les supérettes.
Pharmacies médicaments, produits d'hygiène, produits alimentaires légers, prix réduits.

Toilettes

Dès que le pèlerin marcheur s'éloigne des centres urbains, les toilettes prennent une importance considérable. On en trouve dans les temples, dans les aires de repos aménagés, dans les supérettes et supermarchés, dans les bâtiments publics, les cafés, les restaurants et jardins publics. Faites vos besoins dès que possible ! Si vous avez des doutes, demandez aux habitants. Les toilettes des aires de repos sont en général à l'intérieur. N'hésitez pas à demander aux employés, si nécessaire.

Il y a toujours quelqu'un qui est responsable du nettoyage et de la gestion des toilettes publiques, utilisez-les en ayant toujours la gratitude à l'esprit. Dans le cas de toilettes privées, n'hésitez pas à laisser quelques pièces. On y trouve souvent un petit autel pour Ususama Myōō dont les flammes sont censées purifier l'espace.

Dans le Shikoku Japan 88 Route Guide j'ai essayé d'indiquer toutes les toilettes possibles. Certaines d'entre elles sont mal entretenues et peuvent faire hésiter le pèlerin.

Hébergement

La journée commence le matin en quittant son lieu d'hébergement et s'achève le soir à l'arrivée et cette routine se répète jusqu'à la fin. Un élément important de la journée est la distance parcourue entre deux lieux d'hébergement en une journée. S'il n'y a pas de lieu d'hébergement aux alentours de votre point d'arrivé après une journée de marche, il est important de s'arrêter un peu plus tôt.

À l'arrivée, on commence par laver son bâton de pèlerin et ses vêtements avant de passer au repas sans oublier bien sûr les préparatifs du lendemain. Les repas se prennent souvent dans un réfectoire en compagnie d'autres pèlerins. Ce sont les pèlerins qui ont parcouru le même chemin que vous dans la même journée, on en profite pour échanger des informations ou des anecdotes et la conversation devient vite passionnante.

Lessive

Il est possible de faire sa lessive dans son lieu d'hébergement. Certains lieux ont des machines à pièces et d'autres vous demanderont à l'arrivée si vous avez de la lessive et vous proposeront de la faire gratuitement. La lessive sèche en général pour le départ le lendemain, sauf les soirées très humides. Il est parfois possible d'utiliser des sèche-linges, mais ils sont assez coûteux. Considérez de porter un sèche-cheveux avec vous pour sécher vos chaussures et autres, si nécessaire.

Les campeurs utiliseront les machines à pièce et n'oubliez pas que même si vous campez il est important de ne pas donner une mauvaise image de soi avec des vêtements sales. L'utilisation des machines à pièce est expliquée en japonais et les machines sont en général de grande taille. Il faut entre 400 ¥ et 1 000 ¥ pour un séchage de 30 à 60 minutes.

Il est aussi possible d'utiliser du déodorant sur les vêtements et l'équipement.

Demande de l'aide

Il est toujours possible de demander de l'aide. Ceci peut bien sûr influencer votre jugement, mais ceci fait aussi partie de l'ascèse. La rencontre avec l'autre est un aspect important du pèlerinage.

Ampoules

Les ampoules se développent par friction entre les pieds et les chaussures et sont un problème constant du pèlerin. J'ai entendu parfois qu'un pèlerin avait abandonné le pèlerinage à cause de la douleur.
Il n'y a aucune méthode pour les éviter, mais on peut mentionner les principes suivants :

  • choisissez des chaussures qui conviennent à vos pieds et habituez-vous à les porter. On peut porter des chaussures neuves dans le bain pour les adapter à son pied.
  • une semelle dure fatiguera le pied sur l'asphalte, choisir une semelle intérieure souple. Dans ce cas, choisir une chaussure légèrement plus grande que le pied.
  • Pour éviter les frictions, choisir des bandages, des pansements, de la crème anti-ampoules, etc.
  • Les cals sont une cause des ampoules, les réduire avec une pierre ponce.
  • Les chaussettes sont efficaces, mais choisir des modèles qui correspondent à votre pied et à vos chaussures.
  • Choisissez des chaussettes épaisses en matinée et des chaussettes plus légères dans l'après-midi.
  • Si vous sentez des démangeaisons au pied, traitez immédiatement sans attendre. Sécher son pied et appliquer des pansements immédiatement .

En ce qui me concerne, j'utilise des chaussures basses d'entraînement en Goretex et des semelles en Sorbo (total de 400 g par pied). Je mets des pansements sur les petits-orteils et sur les gros orteils ainsi qu'à la base de ces derniers. Pour renforcer mon arche, j'utilise également des bandages qui le maintiennent en position élevée.

Hygiène personnelle

Il est important de se reposer pour repartir frais le lendemain. Après le bain, faites des étirements aux emplacements où vous sentez des faiblesses. Étirez une partie du corps dans la durée, sur 30 secondes sans pousser jusqu'à la douleur et sans forcer, pour bien détendre les muscles. Si des parties du corps vous semblent plus fragiles, améliorez localement la circulation du sang pour accélérer la récupération en les tenant au chaud pendant la nuit. Sans expérience, vous risquez d'endommager vos muscles en massant trop fort, n'appliquez qu'une faible pression localement.

Si une douleur persiste, refroidir localement avec de la glace puis appliquer un anti-inflammatoire/analgésique. Il est parfois possible d'emprunter des poches de réfrigérant. Si la douleur ne disparaît pas, envisagez une période de repos avant de repartir.

Shikoku-no-michi (les chemins de Shikoku)

Shikoku-no-michi est une série de chemins de randonnée qui font le tour de Shikoku. Elle est composée de deux circuits.

1)un circuit mettant la nature en valeur, géré par le ministère de l'Environnement

2)un circuit mettant la culture et l'histoire en valeur, géré par le ministère des Transports

Il ne s'agit pas du pèlerinage, mais les chemins sont souvent les mêmes. On y trouve de nombreux marcheurs qui ne font pas le pèlerinage pour la beauté des lieux où passent ces chemins.

Cependant, pour le circuit naturel, certaines parties de ces chemins entretenues par les bureaux des eaux et forêts préfectoraux sont parfois laissées à l'abandon après une catastrophe naturelle. Pour le circuit historique, celui-ci n'a pas été entretenu depuis près de 15 ans et il est donc difficile de pratiquer ces sentiers.

Aires de repos

Les toilettes et aires de repos sont utilisables 24h sur 24. On y trouve des espaces de vente des spécialités locales et il y est possible de beaucoup apprendre sur la région. La plupart des aires de repos ont des guichets d'information ouverts de 9h à 17h. Vous pouvez y poser toutes vos questions. Les gérants interdisent en général le camping dans l'aire de repos, mais quand il s'agit de pèlerins, il est souvent accepté que celui-ci dorme dans sa voiture ou dans une tente posée dans un espace approprié.

Animaux sauvages et barrières électriques

On rencontre de nombreux animaux sauvages sur le pèlerinage : sangliers, daims, singes, serpents, faisans.

On les rencontre surtout dans les routes de montagne et de vallées. Si vous rencontrez un sanglier, gardez votre contenance, ignorez-le, et continuez votre chemin. Chaque année, on apprend qu'un ou deux pèlerins ont été mordus aux jambes ou aux mains et ont été transportés en urgence. Quel que soit l'animal que vous rencontrez, ne lui donnez pas de nourriture, il partira de lui-même. Mais tout comme vous, l'animal vit dans ce milieu naturel, et avoir à l'esprit un « bonjour » à son égard est aussi une bonne chose. On voit souvent des barrières ou clôtures le long des routes du pèlerinage pour éviter que les animaux sauvages pénètrent dans un enclos. Beaucoup plus rarement, ces clôtures seront en travers d'un chemin secondaire. Il est possible de les traverser, mais n'oubliez jamais de les refermer derrière vous.

On trouve aussi des clôtures électrifiées autour des champs dans la montagne. La tension n'est pas suffisante pour blesser un humain, mais éviter le contact n'est jamais une mauvaise chose.

Il existe un serpent venimeux qu'on trouve sur les chemins, le « mamushi ». Il est plus court et plus gros que les autres serpents, avec une tête triangulaire. Ne jamais fuir devant lui. Il n'attaquera pas si on ne fait pas attention à lui. Évitez de plonger vos mains dans les broussailles, vous risquez d'en surprendre un et de vous faire mordre. Pour me protéger de telles rencontres qui n'arrivent qu'une ou deux fois par an, je recouvre mes jambes de collants en Goretex d'avril à octobre.

En cas de morsure, le risque d'empoisonnement mortel est de 1%. Asseyez-vous, restez calmes et appelez une ambulance ou appelez à l'aide les personnes à proximité.

Chemins de montagne, pentes mouillées

Dans les zones en pente abrupte ou très rocheuses, comptez sur une vitesse de 1 km à l'heure. Les chemins en pente mouillés, mais aussi les routes en béton ou en asphaltes peuvent être particulièrement glissants. Faites attention à ne pas vous blesser. On peut mettre des antidérapants sous les chaussures, mais la méthode la plus efficace c'est d'entourer ses chaussures de corde.

On ne voit presque rien dans la montagne avant l'aube ou après le coucher du soleil et les dangers s'accroissent d'autant. Pensez à vous équiper de lampes frontales pour marcher à ces heures et faites très attention.

Se perdre

Si vous êtes perdu, ne perdez pas de temps en hésitations et retournez à votre point de départ. Si vous continuez votre progression sur un chemin inconnu, vous risquez un accident.

La route de base indiquée sur la Carte des élévations et distances est particulièrement bien signalisée et il est très difficile de s'y perdre. Si vous vous éloignez de la route de base, certaines sections du chemin n'ont aucune signalisation. N'hésitez pas à vous équiper d'une boussole ou d'un appareil GPS.

Chemins à deux sens

Certaines sections du chemin sont parcourues dans les deux sens. Il s'agit des chemins vers les temples 10, 27, 35, 36, 38, 44, 45, 60, et des temples Bekkaku 1, 3, 7 et 20. Dans ces cas, il est possible de demander à votre auberge de conserver vos bagages le temps de la visite au temple pour voyager plus léger, sans oublier une marque de remerciement pour la personne qui aura gracieusement accepté de les garder.

Envois express

Lors de l'entrée sur le territoire japonais, beaucoup de pèlerins ont des bagages en plus de ce dont ils auront besoin pendant le pèlerinage. Il n'est pas réaliste de porter ces bagages pendant le pèlerinage.

On peut envisager soit de laisser ces bagages à la première auberge pour les récupérer plus tard quand on y retourne, mais aussi de les envoyer à l'auberge dans laquelle on passera la nuit d'ici 4 ou 5 jours, en répétant ceci. Les services de courrier express prennent les paquets le soir et tant que la destination reste dans Shikoku, les livrent le lendemain dans la matinée. Vous pouvez demander des formulaires d'envoi à votre auberge (envisagez 1 000 ¥ par valise environ).

Soins et maladies

Il n'est pas impossible que vous tombiez malade ou que vous soyez victime un accident pendant votre séjour. Avant de venir au Japon, n'oubliez pas de souscrire à une assurance santé en cas où vous auriez à subir des examens médicaux ici. Il est possible que vous soit demandée la couverture temporaire de la totalité des frais médicaux.

Pour éviter de tomber malade, prenez soin de vous et traitez les problèmes avant qu'ils ne prennent de l'importante. Vous pouvez acheter des produits de soins et médicaments dans les pharmacies locales.

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9. L'hébergement

Introduction

Les cartes de crédit peuvent être utilisées dans de nombreux lieux à l'exception des minshuku, ryokan et temples.
     Pour les auberges éloignées de la route, vous pouvez demander s'il est possible qu'on vienne vous chercher.
     Dans les bains communs, pensez aux autres clients et ne rentrez jamais dans la baignoire commune sans vous être lavé. D'une manière similaire, ne mettez jamais la serviette qui vous a servi à vous laver dans la baignoire commune.
     Dans les ryokan et les minshuku, le petit-déjeuner est en général servi à partir de 6h en été et 7h en hiver. Le dîner est en général servi à partir de 18h30.
     Aussi bien le matin que le soir, les repas sont traditionnels, à base de riz blanc, de poison, avec des légumes salés et une soupe de miso. Si vous êtes végétarien, si vous préférez le pain ou si vous ne voulez pas de poisson, il est préférable d'en informer l'auberge à la réservation. Il est possible qu'elle puisse vous proposer un autre menu. Le petit-déjeuner traditionnel est souvent composé de riz blanc sur lequel on casse un œuf frais qu'on mélange ensuite avec du shoyu. N'hésitez pas à demander à ce que l'œuf soit cuit si vous le préférez ainsi. Les œufs au Japon sont comestibles crus. On retrouve cette manière de manger dans le suki-yaki où l'on plonge un œuf cru dans l'ensemble.

     Remarque :on dit que le pèlerinage est né des croyances des cultures littorales. Les auberges qui bordent le circuit proposent souvent des repas à base de poisson et de fruits de mer.
     Les temples ou auberges familiales servent en général le dîner à 18h30. Arriver autour de 17h pour être à l'heure pour le repas.
     Dans les deux cas, même si ce sont des lieux d'hébergement, le lieu a un rythme de vie qui demande considération de la part du pèlerin.
     On trouve de plus en plus de pèlerins étrangers même dans les auberges qui ne peuvent communiquer dans une autre langue que le japonais, mais celle-ci réussissent néanmoins à transmettre les informations nécessaires au sujet du bain, des toilettes, de la lessive ou encore des repas.

Réservations

Les temples offrent des informations en japonais concernant les auberges et hôtels à leur proximité. Le temps de préparation du dîner demande que vous réserviez au plus tard à midi pour le soir même à l'aide des informations publiées dans les guides. Pour les auberges individuelles en particulier, il est possible que les responsables soient à l'extérieur pour vaquer à leurs occupations et qu'il n'y ait personne pour prendre le téléphone hors des heures d'accueil.
     Le nombre de pèlerins augmente considérablement quand la saison se prête au pèlerinage. La veille des week-ends et jours fériés, lors des festivals et autres événements locaux, les auberges alentour risquent d'être pleines. Pour éviter les problèmes, voici quelques idées :

  1. Demander s'il y a des chambres à partager.
  2. Réserver 2-3 jours à l'avance
  3. Prendre le train ou le bus jusqu'au lieu le plus proche où des auberges sont disponibles et faire l'aller-retour.

Conseils pour la réservation

  1.  De nombreux minshuku et auberges ne peuvent communiquer en anglais. Utilisez les phrases à la fin du guide comme référence. Les autres lieux d'hébergement en général peuvent utiliser l'anglais dans une certaine mesure.
  2. Demandez aux responsables de votre auberge d'effectuer la réservation pour vous pour la prochaine auberge.
  3. Certains pèlerins étrangers qui ne peuvent utiliser leur portable au Japon demandent aux pèlerins japonais rencontrés en route d'effectuer la réservation à leur place avec leur téléphone.

L'auberge va effectuer des préparatifs pour votre arrivée : repas, bain, en cas d'annulation inévitable, soyez sûr de communiquer celle-ci à l'auberge le plus rapidement possible. Il est possible qu'on vous demande des frais d'annulation ou qu'on vous en exempte, mais il faut toujours prévenir en cas d'annulation.
     De nombreux pèlerins étrangers qui n'ont pas de téléphones portables ou qui ne parlent pas le japonais hésitent parfois à faire l'effort d'annoncer une annulation, mais n'oubliez jamais qu'en cas de voyage en groupe c'est tous les repas préparés qui sont alors gaspillés.
     À l'inverse, demander un hébergement sans avoir fait de réservation est tout aussi gênant.
     En cas de retard important, faites l'effort de contacter l'auberge. Vos hôtes vous attendent. Si vous n'arrivez pas à l'heure prévue, ils peuvent s'inquiéter, songer à appeler la police en imaginant que vous avez eu un accident.

Types d'hébergement

On considère qu'il existe en général cinq types d'hébergement : les minshuku, les ryokan, les hôtels d'affaires, les hôtels normaux et les temples. Cependant, la différence entre minshuku et ryokan ainsi que celle ente hôtels d'affaires et hôtels normaux est ténue.
     À part quelques minshuku, la plupart mettent à votre disposition une serviette et un sèche-cheveux pour le bain, des vêtements d'intérieur, une brosse à dents et un rasoir jetable, du thé.

Hôtels Hôtels de types occidentaux. Sans repas, avec lit et douche individuelle
Hôtels d'affaires Les chambres et les salles sont plus petites que les hôtels, le prix inférieur. Sans repas, avec lit et douche individuelle
Ryokan Un service supérieur aux minshukus, c'est l'hébergement traditionnel japonais. Selon la cible de l'établissement (pèlerins ou touristes), les prix se divisent en deux zones. Les ryokan qui visent en particulier les pèlerins sont de plus petite taille et offrent un service et un tarif équivalent aux minshuku. Dîner et petit-déjeuner, futon, bain commun
Minshuku En général de petite taille, familiaux, à proximité des temples. Étant tenus par des familles, ils sont soumis à leur vie sociale et peuvent fermer de manière irrégulière. Dîner et petit-déjeuner, futon, bain communs
Temples Auberges tenues par les temples, avec pour cible essentiellement les groupes de pèlerins, peuvent accepter des individus si la place le permet. En plus de la lecture des sutras tôt le matin ou après le dîner (« otsutome »), il est également possible de participer au sermon bouddhiste, et de voir de près les statues et autres trésors du temple. Deux repas par jour, bain commun, ouverts toute l'année

Autres hébergements

Tsuyado

Certains temples offrent un espace gratuit pour passer la nuit appelé « tsuyado ». À part l'espace pour dormir ni futon ni équipement ne sont fournis.

En guise de conseil, il est préférable de s'enquérir de la présence de ces tsuyados auprès d'autres pèlerins ou de demander au temple directement en fin d'après midi. Une fois arrivé au temple, demandez de préférence après 16h. Le tsuyado est un espace réservé au repos. Il est interdit d'y faire du feu et si vous devez manger, assurez-vous d'avoir fait tous les préparatifs à l'avance.

Zenkon'yado

Les zenkon'yado sont offertes par les habitants à titre gracieux, soit gratuitement, soit à un tarif très peu élevé. Demandez des informations au temple, ou comme pour le tsuyado, aux pèlerins que vous rencontrerez. La plupart des zenkon'yado n'acceptent pas de réservation, mais celles qui en demandent sont indiquées dans le Shikoku Japan 88 Route Guide. Les lieux doivent bien sûr être tenus propres.

Une remarque personnelle au sujet de tsuyado et zenkon'yado

J'ai pu confirmer l'existence de tsuyado dans près de 20 temples, mais j'ai préféré ne pas révéler leurs noms, car les temples préfèrent ne pas y héberger de pèlerins. Les raisons en sont les suivantes. Ces lieux ne sont pas reconnus légalement comme des lieux d'hébergement, il est difficile d'y prévenir les actes criminels et on n'y est jamais à l'abri d'un incendie. Le tsuyado était à l'origine conçu pour les rituels bouddhiste et leur nom vient de la veillée (tsuya) qu'on faisait lors de funérailles. À Shikoku, le tsuyado est seulement mis à disposition des pèlerins pauvres.
     Avec les réseaux d'information et internet, on trouve aujourd'hui partout que les temples offrent des hébergements gratuits, mais c'est une interprétation erronée de la fonction du tsuyado.
     À ce titre, les zenkon'yado ressemblent au tsuyado.
     Il s'agit d'individus bénévoles et charitables qui ont à cœur d'aider les pèlerins et qui pour ce faire ont créé des espaces d'hébergement avec leurs économies. Les voisins n'apprécient pas forcément le passage d'inconnus qui ne restent qu'une nuit et repartent le lendemain. On trouve cependant des pèlerins qui vont critiquer un lieu pour le manque d'électricité, ou d'eau courante, ou parce qu'un futon n'était pas propre.
     Je vous demande donc de respecter les bonnes manières quand vous ferez l'usage de ces lieux et de montrer au propriétaire la gratitude qu'il se doit. Les pèlerins qui utilisent les zenkon'yado sont invités, dans l'esprit des moines mendiants, à faire une prière pour le propriétaire et sa famille.
     La situation de ces tsuyado et zenkon'yado est tellement délicate qu'ils peuvent fermer du jour au lendemain. Je souhaite que cette culture de gentillesse pour son prochain qui est au cœur du pèlerinage continue à prospérer et la raison pour laquelle je ne publie pas ces informations est que je ne souhaite pas voir d'abus de la part de pèlerins.

Dormir dehors

La loi n'autorise pas le camping hors des lieux désignés à cet effet, mais on trouve un grand nombre de pèlerins qui dorment dehors dans des espaces propices au camping. Ces lieux sont, dans l'ordre de facilité d'utilisation, les campings autorisés, lieux de repos pour pèlerins, aires de repos au bord des routes, plages, bords de rivières, jardins publics, parking des temples ou sanctuaires, abris bus, etc. Il est cependant nécessaire de demander l'autorisation soit au responsable de l'espace, soit à une personne habitant à proximité. Par ailleurs, les aires de repos étant à proximité des grandes artères, l'animation est constante pendant toute la nuit. Si la personne avec qui vous négociez ne semble pas apprécier votre proposition, il est de bon ton d'abandonner. Pour les habitants, de nouveaux pèlerins arrivent chaque jour. Pour le pèlerin qui vous suit, n'oubliez jamais de ramasser vos déchets, n'endommagez pas les installations, ne parlez pas à voix haute, et d'une manière générale ne dérangez pas vos voisins. On trouve parfois des panneaux indiquant une interdiction de camper (« キャンプ禁止 ») dans un lieu où les habitants ont par le passé sûrement été victimes de pèlerins nonchalants.
     Si vous souhaitez dormir dehors, vous pouvez attendre après 8h que les habitants soient rentrés chez eux pour installer votre matériel et être sûr que vous avez tout rangé et que vous êtes partis avant 6h, à l'abri des regards.
     Même si vous envisagez le pèlerinage de cette manière, il est toujours bon de passer une nuit en auberge pour faire sa lessive, avoir un sommeil plus profond, entretenir son équipement et se rafraîchir d'une manière générale.
     Votre équipement devra inclure au moins une tente si vous choisissez de dormir dehors. On voit des pèlerins sans tente et avec seulement un sac de couchage qui passent la nuit dans des cabanes et qui évitent la rosée sous les auvents des supermarchés, mais cela implique que dès le commencement de leur pèlerinage ils envisagent de dépendre du bon vouloir d'autres. L'idée du pèlerinage est que pour être capable d'aider les autres il faut s'améliorer, et que si l'on dépend trop de l'autre cela sera plus difficile.
     Aujourd'hui on trouve des tentes, des sacs de couchage et matelas légers, compacts et très fonctionnels, et même si leur prix est relativement élevé, leur utilisation fréquente lors du pèlerinage assurera le retour sur cet investissement.

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10. Informations sur le voyage

Appels internationaux

Avec la diversification des moyens de communication, on trouve des cartes d'appel à l'international peu chères et très pratiques d'emploi pour les visiteurs qui séjournent jusqu'à un mois au Japon. Ces cartes prépayées permettent d'effectuer des appels à partir de téléphones fixes, de téléphones portables, de cabines publiques, en suivant les indications données dans leur manuel. Les services proposés varient selon les fournisseurs. On trouve aussi ce genre de carte en vente dans les aéroports ou les distributeurs présents dans les supérettes.

Appels au Japon

Ils sont utiles pour effectuer la réservation de votre nuit suivante ou pour annoncer votre heure d'arrivée. Cependant, le développement des téléphones portables a encouragé la réduction des cabines de téléphone publiques que l'on trouve essentiellement dans les mairies, les gares ou les aires de repos. Vous pouvez également consulter ce site pour avoir plus d'informations. http://www.ntt-west.co.jp/ptd/map/ (site en japonais))
     Les cabines téléphoniques utilisent des pièces de 10 ¥, 100 ¥ ou des cartes de téléphone (les pièces de 10 ¥ sont conseillées). On peut acheter des cartes de téléphone dans la plupart des supérettes.
     Il est possible d'appeler gratuitement la police (110) ou les pompiers (119), mais l'opérateur étant japonais il vous faudra l'aide d'une personne à proximité. Si vous demandez à votre hôte, il est possible qu'il vous prête le téléphone de l'auberge.

Wifi public gratuit

Les réseaux gratuits de wifi se développent très rapidement. La plupart des hôtels, cafés, supérettes, établissements publics, et les hébergements en dehors des minshukus et temples en sont équipés.

Les principaux services sont :

Autres (login requis)

Chaque site web indique les sites où le wifi est accessible.
     Les lieux d'hébergement ont parfois des PC en accès libre dans les halls d'entrée ou des câbles LAN dans les chambres.
     On peut aussi louer des routeurs wifi ou des téléphones portables dans les aéroports.

Cartes SIM prépayées ou louées

On peut en acquérir dans les aéroports de Narita, Haneda, Chūbu, Kansai entre autres, on trouve également des distributeurs automatiques de cartes SIM. N'hésitez pas à vous informer aux comptoirs d'information des aéroports. Les magasins de produits électroniques des grandes villes telles que Tōkyō ou Ōsaka en proposent également.

Location de routeur wifi

On peut en louer de deux manières différentes.

  1. Faire une réservation avant l'entrée sur le territoire japonais et le réceptionner à l'aéroport.
  2. On en trouve en location dans les magasins des aéroports de Narita, Haneda, Chūbu et Kansai. La première solution est légèrement plus coûteuse.

Informations locales

La route du pèlerinage est indiquée par des panneaux bilingues la plupart du temps (les routes de montagne n'en sont pas équipées). Des groupes de bénévoles entretiennent des panneaux en japonais, mais la plupart d'entre eux consistant en panneaux fléchés, ils sont largement suffisants.

Sécurité, objets perdus

Le Japon est un pays on l'on peut voyager à pied en relative sécurité et on trouve fréquemment des jeunes femmes seules sur la route du pèlerinage.
     Le pèlerinage est l'occasion, bien plus souvent qu'une marche normale, d'un déballage de ses affaires sur le chemin. Bien faire attention à ne pas oublier ses affaires.
Lorsque vous quittez l'auberge, après avoir déposé votre sutra, quand vous refaites vos bagages, mais aussi au déjeuner, ou à la pause, quand vous ouvrez vos paquets, autant d'occasions d'égarer vos affaires où il vous faudra prendre particulière garde. Pour réduire les risques de pertes importantes, conservez votre argent et vos cartes séparément.
Il y a quantité d'objets oubliés dans les auberges et les temples (des bâtons de pèlerin, porte-feuilles, téléphones portables, guides, cartes, etc.)
Les porte-feuilles ou téléphones portables seront déclarés à la police et vous avez de grandes chances de les retrouver. N'oubliez pas d'inscrire votre nom et vos coordonnées sur vos objets de valeur ou sur votre sac.
     Au Japon, le risque de se voir voler ses bagages est considérablement plus faible que dans tous les autres pays du monde, mais le risque d'être prit dans une catastrophe naturelle, dans un accident ou d'être victime d'un acte criminel n'est jamais zéro. Il est aussi important de ne pas perdre la santé pendant le pèlerinage.
     C'est un voyage où toute la responsabilité échoit sur le pèlerin et lui seul.

Autres

Les pourboires dans les auberges et restaurants ne sont pas nécessaires, car ils sont inclus dans le tarif.

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11. L'équipement du pèlerin

Il n'y a pas de règle stricte en ce qui concerne la tenue et l'équipement du pèlerin. Les personnes qui ne sont pas sensibles au style traditionnel peuvent librement adopter un style personnel.
     Cependant, le costume du pèlerin vous permet d'être reconnu en tant que pèlerin. Les gens vous accepteront, ils vous montreront le chemin et ils se montreront attentifs. Le vêtement blanc vous permet aussi de vous sentir dans une autre peau. Il est possible de s'équiper dans le premier temple le Ryōzenji, mais tous les temples ont à proximité des magasins d'articles bouddhistes qui vous permettront de vous équiper librement le long du chemin.
On peut considérer que le minimum nécessaire est le bâton de pèlerin, le carnet de pèlerinage et la tenue blanche.
     Le bâton de pèlerin (kongōzue), le chapeau de bambou (sugegasa) et la tenue blanche (hakui) sont le symbole de ce voyage de réincarnation et représentent également le costume du mort.
     De nombreux Japonais mettent un carnet de pèlerinage complet, un bâton de pèlerin et une tenue blanche dans le cercueil de leur proche, ou dans le leur, pour aider dans le passage vers la Terre pure d'Amida.
     N'oubliez pas d'inscrire votre nom et vos coordonnées sur votre équipement en tant que pèlerin.

Le bâton de pèlerin

À partir de 1 000 ¥
     Il représente Kōbō Daishi et guide le pèlerin, c'est l'objet le plus sacré. Par le passé, on l'utilisait pour indiquer la tombe des personnes décédées sur le pèlerinage.
     Beaucoup de bâtons sont en cèdre, d'autres sont en cyprès ou en chêne. La partie supérieure représente la forme du Gorintō Shingon, une pagode bouddhiste qui exprime la vision bouddhiste du monde. On y retrouve fréquemment 5 caractères sanskrits, à partir du bas : la terre, l'eau, le feu, le vent, le ciel. Dans le bouddhisme ésotérique japonais, le gorintō représente aussi Dainichi Nyorai, le plus haut Bouddha, et il vous relie ainsi à Kōbō Daishi. Le gorintō a la même signification que la sotoba utilisée dans les rites funéraires. Sous cette section, on trouve la phrase sacrée « Namu Daishi Henjō Kongō » et les mots« Dōgyō Ninin ». Les quatre côtés du gorintō représentent les dōjōs spirituels (lieux d'entraînement) franchis par le pèlerin Hasshin, Shugyō, Bodai et Nehan. La partie supérieure du bâton est ainsi la partie la plus importante et est en général recouverte.
     Bien sûr, le bâton est aussi utilisé pour la marche et pour se protéger des serpents et autres animaux sauvages, mais n'oubliez pas qu'il représente Kōbō Daishi lui-même et manipulez-le toujours avec respect. La manière traditionnelle de l'utiliser est de mettre ses mains ensemble en gasshō et de le remercier pour le chemin à parcourir lorsque vous partez le matin. Quand vous arrivez à l'auberge le soir, la première chose à faire est de le laver et de le remercier pour la journée passée.
     Selon les légendes du pèlerinage (voir la légende du temple bekkaku 8) Kōbō Daishi dort parfois sous les ponts. Lorsque vous franchissez un pont, il faut éviter de poser le bâton sur le sol pour ne pas le déranger.
     Après une longue marche, l'extrémité va s'abîmer. Il est de coutume de ne pas utiliser d'outils pour le réparer, mais de laisser la friction de la route s'en charger. Telles sont les traditions associées à l'usage du bâton.
     Même si le bâton symbolise Kōbō Daishi, de nombreux pèlerins l'oublient après avoir obtenu leur tampon au temple. La plupart des pèlerins laissent leur bâton en offrande au temple 88 de Ōkuboji après avoir fini leur pèlerinage, mais comme ce bâton a été leur plus fidèle compagnon de voyage, il est recommandé de l'emporter avec soi. L'offrande est payante (1 000 ¥).
     Le bâton est un instrument de marche, mais c'est aussi un support spirituel. Chaque pèlerin a rapport personnel à son bâton. Certains pèlerins utilisent également un bâton de randonnée.
     Les guides professionnels (sendatsu) utilisent une cane ronde vermillon appelée shakujyō pour représenter Kōbō Daishi. Au sommet de cette cane se trouvent des anneaux de métal qui font un bruit caractéristique à chaque fois que la cane touche le sol. Ceci contribue à se débarrasser du bonnō (les désirs matériels qui nous empêchent de progresser sur notre chemin spirituel) et est aussi efficace pour amener le porteur à l'illumination.

kasaChapeau de bambou (susegasa)

À partir de 1500 ¥
     Il sert de pare-soleil, mais aussi de parapluie grâce à sa couverture plastique amovible. Il n'est pas nécessaire de se découvrir lors de la prière, dans un temple ou devant un moine (des manuscrits du 17e siècle indiquent cependant qu'il faut le retirer). Historiquement parlant, le chapeau sert de cercueil, une fois placé sur le corps, quand le pèlerin est décédé.
     Les six termes suivants sont inscrits sur le susegasa.
Les quatre premiers sont les « shiku no satori », les quatre phrases de l'illumination.

« 迷故三界城 » Mayou ga yueni sangai wa shiro nari
Perdu et confus, les trois mondes deviennent une prison

« 悟故十方空 » Satoru ga yueni jippō wa kū nari
Dans l'illumination, tout est vide

« 本来無東西 » Honrai mu tōzai
Dans l'essence il n'y a ni est ni ouest

« 何処有南北 » Doko aru nanboku
Où sont donc le nord et le sud ?

On trouve aussi :

«同行二人 » Dōgyō Ninin
Tous les deux, dans le voyage (ou dans la pratique)

Ainsi que le caractère sanskrit pour Kōbō Daishi

Les quatre phrases de l'illumination sont à la fois un avertissement pour les pèlerins qui doivent dépasser ce monde à travers leur pratique ascétique ainsi que leur détermination à accomplir ceci en faisant un avec la nature et en refusant de séparer le monde en quatre directions.

«迷故三界城 » Mayou ga yueni sangai wa shiro nari
Dans la vie quotidienne, les trois mondes (monde du désir, monde de la forme, monde du sans forme) sont la source de tiraillements sans fin. Ces tiraillements causent la perte du soi et la création arbitraire de murs autour de soi.

«悟故十方空 » Satoru ga yueni jippō wa kū nari
L'ascèse spirituelle permet de s'éloigner de ces égarements et de dépasser aussi bien le soi que l'univers entier pour arriver à la tranquillité.

«本来無東西 » Honrai mu tōzai
Dans l'état de l'enfant qui vient de naître, il n'y a ni est ni ouest, l'être devient un point au sein de l'univers.

«何処有南北 » Doko aru nanboku
Il n'y a ni nord ni sud, où l'on ne s'attache pas aux biens matériels. On laisse derrière soi ses exigences, on abandonne ses doutes, devant soi, le monde s'ouvre et c'est à nous de le traverser en toute sérénité pour finalement parvenir à l'état de Bouddha.

Quand vous portez le chapeau, assurez-vous d'avoir le caractère représentant Kōbō Daishi à l'avant. Les autres caractères ont vu leur position changer dans l'histoire du pèlerinage. Le caractère pour Kōbō Daishi, à Shikoku, a également pour signification l'est, qui est la direction de Tokushima où commence le pèlerinage.
     La cordelette qui retient le chapeau n'est pas très robuste, pensez à la renforcer pour les jours venteux.
Essayez le chapeau quand vous l'achetez pour vérifier que votre sac à dos ne gêne pas son port.
Des pèlerins qui ont fait le pèlerinage plusieurs fois portent un chapeau conique comme l'aurait porté Kōbō Daishi.

Tunique et veste (Hakui et Oizuru)

On peut obtenir un hakui à partir de 2 100 ¥ et un oizuru à partir de 1 700 ¥.
     Ces vêtements symbolisent la pureté du pèlerin et sa préparation à la mort, sachant qu'il peut ne pas revenir du pèlerinage. On porte en général le oizuru sur le hakui. Certains pèlerins reçoivent les tampons du temple sur leur hakui et en portent donc un second à cet effet. Ce hakui (han'i) ne pourra pas être lavé. Pensez à le garder propre. Un han'i complet est un trésor familial. Il sera porté par le mort lors de ses funérailles.
     Vous pouvez vous faire imprimer le mantra du Komyō au temple de Kan'onji (N˚16) pour 1 500 ¥.

Juzu (ou mala, nenju)

À partir de 2 000 ¥
     C'est l'accessoire bouddhiste le plus utilisé par les Japonais. La forme dépendra de la secte bouddhiste et pour le pèlerinage de Shikoku celui du bouddhisme Shingon sera utilisé. Quand vous le tenez et que vous mettez vos mains ensemble pour prier, devant le Bouddha, les désirs qui vous empêchent de progresser sur votre chemin spirituel s'évanouissent. Tenez le juzu en le faisant passer sur le majeur de la main droite et l'index (le majeur fait également l'affaire) de la main gauche. La boucle principale est ainsi entre vos mains. Frottez vos mains en gasshō de manière suffisamment vigoureuse pour que la friction des perles émette un son.

Osamefuda et fudabasami (sac)

À partir de 100 ¥ pour 100 osamefuda
     Inscrivez votre adresse, votre nom et votre vœu au dos. Offrez-les au temple principal et au daishi-dō dans les boîtes posées à cet effet. On les offre aussi en remerciement de l'accueil reçu, mais aussi entre pèlerins en guise de carte de visite. Il est aussi possible de les créer soi-même au lieu de les acheter.
     On dit sur Shikoku que les osamefuda données à une auberge vont la protéger contre les désastres. À une époque, le pèlerinage avait pour objectif non pas de collecter les tampons dans son carnet de pèlerinage, mais d'offrir ces osamefudas.
     Les osamefudas existent en six couleurs différentes. La couleur utilisée dépend du nombre de pèlerinages accomplis. Aujourd'hui, on s'accorde sur l'usage suivant :

  • Blanc : de 1 à 4 fois
  • Vert : de 5 à 7 fois
  • Rouge : de 8 à 24 fois
  • Argent : de 25 à 49 fois
  • Or : de 50 à 99 fois
  • Multicolore : plus de 100 fois

Beaucoup de pèlerins n'utilisent que le blanc pour conserver l'esprit de leurs premiers pèlerinages.
Le fudabasami est un sac qui permet de conserver ses osamefudas. Certains types permettent d'y mettre aussi bâtons d'encens et bougies. On peut aussi utiliser une trousse à crayons.

Carnet de pèlerinage (nōkyōchō), rouleau à tampons (kakejiku), Veste à tampons (han'i)

Les nōkyōchō coûtent à partir de 2 000 ¥, un kakejiku à partir de 12 000 ¥ (à partir de 30 000 ¥ pour l'accrochage)

Le tampon qu'on reçoit comme preuve du passage au temple et composé d'une calligraphie et de multiples sceaux à l'encre rouge.

On peut recevoir ce tampon aussi bien sur le kakejiku que sur le nōkyōchō. Une fois le kakejiku complet, il pourra être accroché à un mur dans la maison.
Pour le han'i, il n'y a pas de calligraphie.
Les vols de kakejiku presque complets sont en recrudescence. Faites-y très attention. Un kakejiku complet a une très grande valeur.
Les nōkyōchōs et osamefudas sont des matériaux de grande importance pour étudier l'histoire du pèlerinage.

Wagesa

À partir de1 200 ¥
Une étole qui symbolise les robes des moines (kesa) et qui indique la dévotion de son porteur. On la porte lors des prières au temple, mais on doit la retirer au moment des repas ou quand on va aux toilettes.
Le kesa a pour origine les vêtements que portait Shakyamuni lors de son ascèse. Il représente un bout de tissu qui a constamment été recousu.
À l'origine, le wagesa était en forme de boucle reliée à deux extrémités. Ce qu'on appelle le wagesa sur Shikoku est une bande de coton reliée à ses deux extrémités à l'aide d'une corde et a pour appellation "hankesa" ou demi-kesa.

Kyōhon (livre des sutras)

À partir de300 ¥
kyohonLe livre contient le sutra du cœur (le Hanya Shingyō) et tous les autres sutras chantés dans les temples. Lorsque vous chantez le sutra, même si vous vous en souvenez par cœur, conservez le livre ouvert devant vous pour vous assurer que votre chant est suffisamment lent et soigné.

Zudabukuro (sac de moine)

À partir de1 200 ¥
Utilisé pour porter le kyohon, les bougies (250 ¥ ~) l'encens (300 ¥~), le nōkyōchō et autres accessoires du pèlerin. On l'appelle aussi « san'yabukuro » et on en trouve des versions imperméables.

Jirei (clochette)

À partir de 1000¥
Les pèlerins la font sonner quand ils chantent les sutras Le son de la cloche est là pour balayer les désirs humains du pèlerin (bonnō) et pour purifier son cœur, mais aussi pour servir de ponctuation aux chants.

Accessoires pratiques

Les pèlerins non japonais auront besoin de beaucoup de préparations pour entreprendre cette aventure dans ce pays aux coutumes et à la nature inconnues qu'est le Japon. Chacun se lance sur le pèlerinage avec une expérience donnée de la randonnée et des préférences propres. Il est impossible d'établir une liste des préparatifs nécessaires, mais tentons tout de même de proposer les plus recommandés.

Vêtements

Vous devriez inclure une tenue pour la marche, une pour la pluie, deux ensembles de sous vêtements, et si vous campez dehors penser au nécessaire de couchage. Les magasins spécialisés en articles de camping proposent des vêtements qui absorbent la transpiration, qui sèchent vite et qui sont particulièrement portables, ce qui vous permet d'alléger considérablement vos bagages. Il est préférable de porter plusieurs épaisseurs de vêtements fins pour pouvoir vous adapter aux variations climatiques. Portez une couche de base, une couche intermédiaire et une couche externe et retirez des couches selon les besoins. Si vous ne faites pas attention et prenez froid, votre voyage en sera considérablement affecté.

Vêtements de pluie

En fonction de la saison et de votre expérience, plusieurs types de vêtements sont envisageables. Peu de sections de route sont particulièrement abruptes, ce qui vous permet de vous limiter à un poncho imperméable qui recouvrira également votre sac à dos. Associé à un pantalon de pluie, vous n'aurez aucun problème. Le poncho est pratique dans les moments où vous avez besoin d'ouvrir fréquemment votre sac et d'en sortir des objets ou de les y ranger. Des vêtements de pluie plus sophistiqués seront plus encombrants qu'un poncho, car ils pourront aussi servir de vêtement chaud pour campement.

Chaussures

Sans aucun doute, la partie la plus importante de votre équipement. Prenez tout le temps nécessaire pour choisir des chaussures de marche qui vous conviennent et que vous portez de manière confortable même en temps de pluie. Les routes étant presque toutes pavées ou recouvertes d'asphalte, le choix de vos chaussures aura une influence considérable sur votre marche. N'hésitez pas de prendre conseil auprès de spécialistes lors de cet achat.

Chaussettes

Les points les plus importants sont leur capacité à absorber l'humidité, à sécher rapidement et à tenir votre pied. La marche avec des chaussettes mal adaptées est source d'ampoules.

Sac

Utilisez un sac à dos qui corresponde à votre corps. Les sacs de 25 litres sont les meilleurs, sauf si vous envisagez de camper, auquel cas il faudra envisager un sac de 40 litres. Les différents modèles offrent des expériences différentes de confort de marche. Préférez un sac à ceinture abdominale. Les grattements générés par le frottement du sac sur le dos sont en partie évités avec un sac qui offre un filet sur la partie en contact avec le corps.

Poche de ceinture

Une petite poche de ceinture est pratique pour porter les petits objets nécessaires lors du pèlerinage. Sa présence peut cependant réduire le confort de marche si elle est utilisée en combinaison avec un zudabukuro.

Couvre-chef

N'importe quel couvre-chef adapté à l'extérieur conviendra, mais le chapeau de paille du pèlerin avec une couverture pour la pluie est adapté à toutes les conditions climatiques, à l'exception des jours extrêmement venteux.
Il est efficace les jours ensoleillés, car il est large et pour la même raison les jours de pluie.

Parapluie

Même avec les vêtements de pluie les plus sophistiqués, le climat est chaud et humide sur Shikoku, sauf en hiver.
Avoir à se change fréquemment peut vous ralentir et pour éviter ceci certains pèlerins portent un parapluie pliant dans une poche latérale de leur sac à dos. Le parapluie sera particulièrement utile pour les jours où il ne pleut que par intermittence. Mais dans ces cas-là, le chapeau de paille avec sa couverture plastique est également suffisant.

Téléphone portable

Avec toutes leurs fonctions, les smart phones sont très pratiques. On peut les utiliser pour obtenir des prévisions météo, pour traduire le japonais en français, pour afficher des cartes ou trouver votre position avec le GPS, en plus de passer des appels et de recevoir ou envoyer des courriels.

Adaptateurs électriques

Si vous apportez des équipements électriques avec vous, il sera nécessaire d'avoir les adaptateurs adaptés pour les faire fonctionner au Japon. L'ouest du Japon est alimenté en 100 v de 60 hertz. Les prises sont de type A, des broches plates parallèles, comme celles que l'on trouve aux États-Unis. Avant de venir, assurez-vous d'avoir avec vous les adaptateurs nécessaires à votre équipement.

Médicaments courants, premiers secours, produits d'hygiène

Les produits que vous utilisez au quotidien. Vous trouverez ces produits sur la route. Il est donc inutile de vous en équiper plus qu'au minimum. Avec quelques connaissances en premiers secours vous serez capable de traiter les problèmes les plus courants, tels bander les articulations douloureuses.

Insectifuges

Les moustiques sont fréquents d'avril à novembre. Dans les zones montagneuses, vous les trouverez autour des ruisseaux, en juillet et août, et leur piqûre peut être très douloureuse. Les pharmacies sur le chemin vous proposent plusieurs types d'insectifuges. Il est conseillé de vous équiper du produit qui répond à vos besoins. On trouve également des taons en juillet-août en montagne, près des cours d'eau.

Séchoir

En temps de pluie, il est possible de sécher votre équipement mouillé, vos vêtements, vos chaussures et chaussettes à l'auberge. Certaines sont équipées de sèche-linge. Entre avril et, mai, les vêtements sécheront pendant la nuit si vous les étendez dans votre chambre, cependant un sécheur à main peut être pratique de temps en temps.

Autres accessoires (en fonction des besoins)

N'oubliez pas de penser aux accessoires suivants : un réveil, un appareil photo, une boussole, une lampe de poche, une lampe de chevet, un couteau multifonction, un dictionnaire (papier et électronique), votre passeport, une carte d'assurance médicale, un portefeuille ceinture ou collier, du papier et des crayons, des maintiens articulaires pour les poignets et les chevilles, des gants, de la corde, des piles, des sacs étanches, une couverture d'urgence...

Conseils

Les pèlerins à pied sont encouragés à porter le moins possible de bagages, à cause de la distance que vous allez parcourir sur une longue période de temps. Pour les hommes, le poids optimal dans votre sac à dos et de quatre à cinq kilos. Pour une femme il est de trois ou quatre kilos et il est préférable de tester les équipements que vous avez achetés avant le départ.
Les pèlerins campeurs peuvent porter plus de dix kilos dans leur sac à dos.

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12. Dans le temple

L'ordre du rituel

L'ordre est donné à titre indicatif même si c'est l'ordre le plus couramment accepté.

San'mon

un salut devant la san'mon en direction du temple principal. Se purifier des pensées impures.

Mizuya

se laver les mains et se rincer la bouche. Verser de l'eau sur la main droite, puis la main gauche, puis dans la main droite et se rincer la bouche. En se rinçant la bouche, on purifie le corps entier. Une fois fini, préparer son wagesa et son juzu.

Clocher

faire sonner la cloche une fois pour annoncer sa prière au honzon. Faire sonner la cloche après la prière (modorigane) est considéré comme de mauvais augures.

Temple principal

offrir une bougie et trois bâtons d'encens (passé, présent, futur). La bougie doit être placée vers le fond pour laisser de la place au pèlerin suivant. Faire sonner la waniguchi une fois pour annoncer sa prière au honzon. Mettez un osamefuda dans la boîte posée à cet effet. Si vous faites une offrande de monnaie, placez vos mains en gasshō et chantez le sutra du cœur.
On commence par chanter le Hanya Shingyō dans le temple principal, suivi par les mantras spécifiques au lieu, puis par le Gohōgō (Namu Daishi Henjō Kongō). Bien sûr, ceci n'est pas obligatoire et vous pouvez vous limiter à mettre les mains ensemble et à vous recueillir. Au fil du pèlerinage, vous allez vous habituer aux chants et vous serez probablement capable de chanter comme les autres pèlerins.
L'offrande en pièces de monnaie ne doit pas seulement être mise dans la boîte posée à cet effet. L'offrande doit être faite en demandant à la déité principale ou à Kōbō Daishi de bien vouloir l'accepter, et en reconnaissant pour ceci. Une fois le rituel accompli pensez aux pèlerins derrière vous et laissez la place.

Après le temple principal

vous passez au Daishi-dō et vous répétez le rituel.

nōkyōsho

Allez ensuite au bureau des pèlerins (nōkyōsho) pour recevoir le tampon du temple sur votre nōkyōchō ainsi qu'une bande de papier à l'image de la déité du temple (osugata). Faitesattention de ne pas la perdre. C'est aussi ici que vous recevrez un tampon sur un kakejiku ou sur votre han'i. Si vous repassez dans un temple lors d'un autre pèlerinage, vous ne recevrez que le tampon en encre rouge, mais pas la calligraphie. À force de faire le pèlerinage, les pages du nōkyōchō se couvrent de rouge.
Le bureau est ouvert de 7:00 à 17:00 dans tous les temples sauf au temple 62 où il est ouvert seulement de 7:00 à 12:00 et de 13:00 à 16:00. Si vous arrivez au temple juste avant la fermeture, il est d'usage d'aller au bureau en premier et d'effectuer le rituel après.

san'mon Une fois le rituel achevé et le tampon reçu, sortez par la san'mon, retournez-vous vers elle et faites un salut.

Chanter les sutras

A) Gasshō Mettez vos mains ensemble devant votre poitrine et inclinez trois fois la tête.
Avec les mots suivants vous déclarez votre intention de prier dans ce temple : « Uya'uyashiku, mihotoke wo reihaishi, tatematsuru »
vous déclarez votre intention de prier dans ce temple.
B) Kaigyōge, une fois. 無上甚深微妙法 « Mumyōjinjin'mimyōhō »
百千万劫難遭遇 « Hyakusen'mangōnansōgū »
我今見聞得受持 « Gakonken'montokijuji »
願解如来真実義 « Gangen'nyoraishinjitugi »
Ce sutra est chanté lors des rituels bouddhistes pour appeler le Bouddha à apparaître devant soi.
C) Sangemon, une fois. 我昔所造諸悪業 « Gashakushozōshoakugō »
皆由無始貪瞋痴 « Kaiyumusitonjinchi »
従身語意之所生 « Jūshingoishishoshō »
一切我今皆懺悔 « Issaigakonkaisange »
(Toutes mes mauvaises actions depuis le premier jour jusqu'à aujourd'hui
Ont été causées par mon arrogance, ma colère et ma bêtise Et ont été produites par mon corps, mes mots et mon esprit
Je m'en repends.)
D) Sankiemon, trois fois. 三帰 (Sanki)
  弟子某甲 « Deshimukō »
  盡未来際 « Jinmiraisai »
  帰依仏 « Kiebutsu »
  帰依法 « Kiehō »
  帰依僧 « Kiesō »
(En tant que disciple de Bouddha jusqu'à la fin des temps, je mets ma confiance en lui, je crois la vérité expliquée par lui, je place ma confiance en les moines qui mettent ses enseignements en pratique.)
三竟 (Sankyō)
  弟子某甲 « Deshimukō »
  盡未来際 « Jinmiraisai »
  帰依仏竟 « Kiebukkyō »
  帰依法竟 « Kiehōkyō »
  帰依僧竟 « Kiesōkyō »
(En tant que disciple de Bouddha jusqu'à la fin des temps, j'ai mis ma confiance en lui, je crois la vérité expliquée par lui, j'ai placé ma confiance en les moines qui mettent ses enseignements en pratique.)
E) Juzenkai (les 10 préceptes), trois fois
  1. 不殺生 « Fusesshō » : Je respecte la vie de tous les autres êtres vivants
  2. 不偸盗 « Fuchūtō » : Je ne volerai pas les biens des autres et en prendrai le plus grand soin
  3. 不邪淫 « Fuja'in » : J'aurai une activité sexuelle modérée
  4. 不妄語 « Fumōgo » : Je ne mentirai pas
  5. 不綺語 « Fukigo » : Je n'exagérerai pas
  6. 不悪口 « Fuaku » : Je ne dirai pas du mal des autres
  7. 不両舌 « Furyōzetsu » : Je dirai toujours la vérité
  8. 不慳貪 « Fukendon » : Je ne serai pas avare, je ne convoiterai pas de biens
  9. 不瞋恚 « Fushinni » : Je ne me mettrai pas en colère et garderai mon calme
  10. 不邪見 « Fujyaken » : Je n'aurai pas de mauvaises pensées
F) Hatsu Bodaishin, trois fois « On bōji shitta bodahadayami »
(J'élève l'esprit en vue de l'illumination)
G) Sanmayakai, trois fois On sanmaya satoban
Je suis uni, et suis un avec le Bouddha
H) Hanya Shingyō, une fois

Le Hanya Shingyō est un résumé en 262 caractères des enseignements du Bouddha. Avant de parvenir au Japon, le moine chinois Hsuan-tsang (Genshō Sanzō en japonais) l'apporta d'Inde à Chang-an, en Chine. Depuis son introduction au Japon, il est devenu le sutra suprême et est utilisé par de nombreuses sectes du Bouddhisme.
Le sutra enseigne le concept de vide qui dirige l'esprit vers l'illumination. « Dans ce monde, tout est impermanent, rien ne dure de manière éternelle. Tout apparaît temporairement et change d'un instant à l'autre. Il n'y a donc pas lieu d'être obsédé pas les biens matériels. En relâchant ma force, je chante le sutra pour vivre dans le bonheur. »  

仏説摩訶般若波羅蜜多心経
«Busetsu maka hannya haramita shingyo»
観自在菩薩
«Kan ji zai bo sa»
行深般若波羅蜜多時
«Gyojin hannya ha ra mi ta ji»
照見五蘊皆空 度一切苦厄
«Shoken go un kai ku do issai ku yaku»
舎利子 色不異空 空不異色
«Sha ri shi shiki fu i ku ku fu i shiki»
色即是空 空即是色
«Shiki soku ze ku ku soku ze shiki»
受想行識亦復如是
«Ju so gyo shiki yaku bu nyo ze»
舎利子 是諸法空相
«Sharishi ze sho ho ku so»
不生不滅 不垢不浄 不増不減
«Fu sho fu metsu fu ku fu jo fu zo fu gen»
是故空中 無色 無受想行識
«Ze ko ku chu mu shiki mu ju so gyo shiki»
無眼耳鼻舌身意
«Mu gen ni bi zesshin i »
無色声香味触法
«Mu shiki sho ko mi soku ho»
無眼界 乃至無意識界
«Mu gen kai nai shi mu i shiki kai»
無無明亦 無無明尽
«Mu mu myo yaku mu mu myo jin»
乃至無老死 亦無老死尽
«Nai shi mu ro shi yaku mu ro shi jin»
無苦集滅道
«Mu ku shu metsu do»
無智亦無得 以無所得故
«Mu chi yaku mu toku i mu sho tokko»
菩提薩埵 依般若波羅蜜多故
«Bo dai satta e hannya ha ra mi ta ko»
心無罣礙 無罣礙故
«Shin mu ke ge mu ke ge ko»
無有恐怖 遠離一切顛倒夢想 究竟涅槃
«Mu u ku fu on ri issai ten do mu so ku gyo ne ha»
三世諸仏 依般若波羅蜜多故
«San ze sho butsu e hannya ha ra mi ta ko»
得阿耨多羅三藐三菩提
«Toku a noku ta ra sammyaku sambodai»
故知般若 波羅蜜多
«Ko chi hannya ha ra mi ta»
是大神呪 是大明呪 是無上呪
«Ze dai jin shu ze dai myo shu»
是無等等呪
«Ze mu jo shu ze mu to do shu»
能除一切苦 真実不虚
«No jo issai ku shin jitsu fu ku»
故説般若波羅蜜多呪 即説呪日
«Ko setsu hannya ha ra mi ta shu soku setsu shu wats»
羯諦 羯諦 波羅羯諦 波羅僧羯諦
«Gyatei gyatei hara gyatei hara so gya tei»
菩提薩婆訶
«Boji sowaka»
般若心経
«Hannya shin gyo»
I) Le mantra du honzon, trois fois. Il est en général inscrit en hiragana sur un pilier du temple principal.
J) Kōmyō (en sanscrit), trois fois.

« On abokya beiroshanou makabodara mani handoma jinbara harabaritaya un »
Om, seigneur du grand soleil. Mudra. Joyaux de Mani. Lumière et lotus ! Fais tourner la roue de la compassion éternelle pour tous les êtres vivants. Oui. (ce sutra est le plus puissant du bouddhisme Shingon)

K) Gohōgō (le nom de Kōbō-Daishi) trois fois

南無大師遍照金剛
« Namu Daishi Henjō Kongō »
(Offre ta foi en Kōbō-Daishi, ou Suis Kōbō-Daishi)

L) Ekōmon, une fois

願以此功徳 « Gan n ishi kudoku »
普及於一切 « Fu gyū a issai »
我等与衆生 « Ga dōyo shujyō »
皆共成仏道 « Kaigu jyōbutsu dō »
(Si possible, que les récompenses pour mes bonnes actions soient transmises à toutes les choses de ce monde, et que je puisse, avec tous les êtres vivants, progresser dans la voie du Bouddha.)

Dire « Arigatō gozaimasu », mettre les mains en gasshō et incliner la tête.

Les prières ci-dessus ne sont pas obligatoires, mais si vous les dites, dites-les dans un esprit de recueillement. Cependant, le Hanya Shingyō et le Gohōgō ne devraient pas être omis. Devant le Daishi-dō, répéter le même rituel, à l'exception de l'étape I) ci-dessus puisque Kōbō-Daishi est vénéré dans le Daishi-dō.

Toilettes

Ne potez ni vos sandales, ni votre chapeau de bambou, ni votre nōkyōchō ou votre juzu dans les toilettes du temple, vous amèneriez la déité du temple principal ainsi que Kōbō Daishi dans un environnement impur. Par ailleurs, si sur le dos de votre hakui est inscrit « Namu Daishi Henjō Kongō » il est recommandé de le traiter de la même manière. Si rien n'est inscrit, vous pouvez le porter aux toilettes.

Les sanctuaires Shinto

Jusqu'en 1868, le bouddhisme et le shintoïsme n'étaient pas séparés et on trouve donc des sanctuaires shinto sur tout le chemin du pèlerinage qui ont des liens très forts avec les temples concernés. Passer par le sanctuaire est la manière idéale de faire le pèlerinage.

Ordre du rituel
  • Devant le torii ou le ogamiishi, s'incliner une fois.
  • Marcher sur l'un des côtés du chemin qui mène au sanctuaire, pas au milieu.
  • Se purifier les mains et la bouche comme dans les temples.
  • Faire une petite offrande monétaire
  • Deux saluts
  • Frapper deux fois dans ses mains
  • Un salut
  • Dites votre vœu ou votre prière
  • Demander un tampon au bureau du sanctuaire
  • Devant le torii ou le ogamiishi, s'incliner une fois.

Les repas dans les temples (jikiji)

Avant de prendre un repas, mettez vos mains en gasshō. en signe de remerciement à la nature pour vous offrir ce repas, mais aussi pour remercier ceux qui l'ont fait pour vous.
Gasshō après le repas Si vous mangez dehors, placez quelques grains de riz ou miettes de pain dans la paume de votre main et tout en inclinant votre tête, offrez les aux esprits des morts de la région.

Ascèse sous les chutes d'eau

C'est une ancienne tradition japonaise de purification des péchés, des excuses données, des actes disgracieux. C'est une pratique qui vous permet de retrouver votre esprit naturel d'acceptation qui vous permet de vivre sans vous plaindre ou émettre de critiques.

Objectifs principaux Renforcer sont esprit et son corps, sa capacité à prendre des décisions, développer un potentiel, unifier votre corps et votre esprit, faire disparaître vos soucis et problèmes de votre esprit.
Ordre du rituel

Avant de passer sous la chute
• Mettre son hakui et prendre son juzu
• En faisant face à la cascade, lire un sutra comme lors de visite d'un temple

Rentrer sous la cascade

• Préparer son corps et son esprit à l'entrée
• Se concentrer comme lors de la méditation
• Faire le mudra de Fudō Myōō avec ses mains ou les mettre simplement en gasshō.
• Dire le Gohōgō (Namu Daishi Henjō Kongō), dire le mantra du Fudō Myōō, la déité protectrice des chutes d'eau
(Naumaku sanmandabazaradan senda makaroshyada sowataya untarata kanman)
Après être sorti de la chute d'eau
• lui faire face de nouveau et dire « Namu Daishi Henjō Kongō », puis « arigatō gozaimashita » (merci).

Ne pas faire ceci en hiver sans être accompagné d'une personne expérimentée à cause du danger que cela représente.

Il n'y a pas d'heure particulière pour pratiquer l'ascèse sous une chute d'eau.
Certains temples de Shikoku sont connus pour leurs chutes d'eau, parmi ceux-ci le Konji-ji, le Jigen-ji (troisième temple bekkaku), le Shōryū-ji (temple 36), le Okuno-in du Kōon-ji (temple 61), le Senyūji (temple 58), et le Senryū-ji (bekkaku 13).

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13. L'état d'esprit du pèlerin

En tant que personne,

        • Pourquoi êtes-vous venu sur Shikoku ?
        • Considérez que le manque d'efficacité, le manque de confort, l'insécurité, les manques, les dangers sont autant de défis qu'il vous faut dépasser avec gratitude.
        • Vous trouverez de la satisfaction à dépasser vos peines, vos errements, votre un sentiment d'abandon.
        • Le pèlerinage est une succession de difficultés à endurer, la compassion des autres vous aidera à vous retrouver, en tant que pèlerin vous vous mettrez toujours à la place de l'autre.
        • La pensée humaine convient à la lenteur du pèlerinage. Votre sensibilité sera mise à l'épreuve.
        • Le pèlerinage ne consiste pas à se plaindre des difficultés et à désirer la facilité.
        • Des personnes exceptionnelles se trouveront sur votre chemin. Saluez chacune d'entre elles avec la plus grande sincérité.
        • Pensez toujours aux pèlerins qui suivront et ne ternissez pas leur image en posant des problèmes sur votre route.

Les trois piliers du pèlerin

        1. Croire que Kōbō Daishi sauvera tous les êtres humains jusqu'au dernier, faire le pèlerinage en ayant conscience que vous voyagez avec lui (Dōgyō-ninin)
        2. Si vous rencontrez des difficultés sur le chemin, ne vous plaignez pas et considérez ceci comme une épreuve.
        3. Croire que l'on peut être sauvé dans ce monde et faire le pèlerinage en souhaitant atteindre l'illumination.

Les dix préceptes

Voir la partie ci-dessus sur les sutras

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14. L'accueil (Osettai)

Le « Osettai » c'est l'hospitalité des habitants qui s'exprime sous la forme de présents de nourriture aux pèlerins lors de leur passage. À l'époque où il n'y avait ni distributeur automatique ni supérette, le niveau de vie était bien plus faible qu'aujourd'hui et l'aide des habitants permettait aux pèlerins de survivre. Du riz ou des vêtements était alors des présents d'une grande valeur. Ces actions de charité avaient pour contrepartie le fait que les pèlerins représentaient Kōbō Daishi et permettaient de représenter les habitants dans des temples éloignés pour faire des prières à leur place. Ils avaient alors une réelle fonction religieuse.
     Cette tradition du Osettai existe encore aujourd'hui. Vous n'en ferez pas l'expérience en car ou en voiture, mais à pied, en passant devant une maison ou en croisant une personne il vous arrivera parfois de recevoir un « osettai » en présent.
     Ces présents ayant une valeur religieux il ne faut pas les refuser. Cependant certaines personnes vous proposeront de vous conduire jusqu'au temple suivant, c'est à vous de leur expliquer les raisons de votre refus.
     Certains pèlerins, à force d'avoir fait le pèlerinage perdent l'appréciation de ces présents et considèrent ceux-ci comme une évidence. Pensez un instant à l'état d'esprit des personnes qui font ce geste d'offrande vis-à-vis de vous. Ce présent, il faut l'accepter avec la plus grande gratitude et cela vous donne également l'occasion de vous demander si vous méritez vraiment ce présent.

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15. Kōbō Daishi (Kūkai)

Le caractère sanskrit qui représente Kōbō Daishi est celui-ci :
Le caractère sanskrit qui représente
Kōbō Daishi est celui-ci :

Kōbō Daishi (Kūkai) est l'un des personnages historiques les plus appréciés de nos jours. Sa vie est entourée de légendes dans tout le pays. En plus d'avoir été moine, il a également été un calligraphe, un éducateur, un artiste, un ingénieur accompli. On le considère comme sur-humain au Japon.
     Il est le fondateur de la secte bouddhiste Shingon. On dit que le pèlerinage est le lieu de l'ascèse de Kūkai pendant sa jeunesse et il est aujourd'hui à la base du désir des pèlerins de se libérer spirituellement et physiquement.
     La recherche historique cependant ne valide pas ces légendes. En tant que fondateur du bouddhisme Shingon ses disciples qui avaient en lui une foi sans faille l'ont sans doute considéré comme au moins partiellement divin et il est clair que les missionnaires du Mont Koya mais aussi de Shinnen et Jyakuhon ont eu une influence considérable sur le souvenir qu'on a du personnage.  
     Aujourd'hui encore, on considère que Kōbō Daishi est toujours en vie dans son mausolée au sommet du Mont Koya et des repas sont toujours déposés deux fois par jour devant les temples intérieurs qu'on trouve devant lui.

Biographie

774 né dans le district de Tado, province de Sanuki (aujourd'hui ville de Zentsūji, préfecture de Kagawa) dans une famille fortunée, les Saeki. On lui donne le nom de Mao.
792 À l'âge de 18 ans, il entre à l'université de Nara avec l'intention de devenir fonctionnaire mais la quitte attiré par le bouddhisme. Il retourne à Shikoku, sa terre de naissance, pour s'entrainer à l'ascèse bouddhiste appelée « Kokūzō Gumonjihō », populaire parmi les pratiquant de l'ascétisme en montagne.
797 À 24 ans il écrit le Sangō Shiiki dans lequel il effectue une comparaison du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme.
804 À 28-29 ans, il est ordonné moine au Tōdai-ji de Nara. Il est envoyé alors en Chine. La même année il parvient à la capitale de Chang-an après avoir dérivé un temps le long de la côte de Fukien.
805 Il rencontre Keika Ajari (746-805), le 7e patriarche du bouddhisme ésotérique au temple de Shōryū-ji (Qinglong en Chine). Il commence son étude du bouddhisme ésotérique à ses côtés. Keika donne à Kūkai le nom de Henjō Kongō. En 1982 une statue sera érigé dans l'enceinte du Shōryū-ji à l'image de Kūkai.
806 En Chine avec l'intention d'y étudier le bouddhisme pendant 20 ans, il est renvoyé au Japon par Keika qui lui ordonne d'y transmettre l'enseignement du bouddhisme ésotérique. Kūkai ne restera en Chine que deux ans.
813 Il est nommé principal du Tōdaiji à Nara.
816 Il fonde le Kongōbu-ji sur le Mont Kōya dans la préfecture de Wakayama (aujourd'hui site UNESCO de l'héritage mondial).
821 Il a la responsabilité de la réparation du réservoir agricole de Mannō à Kagawa, allant ainsi au-delà ses tâches religieuses.
828 Il crée un établissement dédié à l'enseignement à Kyōto, le « Shugeishuchi'in », destiné aux personnes qui n'ont pas alors accès à l'éducation.
830 Il écrit le « Himitsu Mandala Jujushinron », un ouvrage en dix volumes qui décrit la condition humaine du point de vue bouddhiste.
835 Il meurt au monastère du Mont Kōya.
921 L'empereur Daigo lui donne à titre posthume le nom de Kōbō Daishi.

On utilise souvent le terme affectueux « O-daishi san » au Japon pour faire référence à lui. Il n'est pas certain que Kūkai soit effectivement le fondateur du pèlerinage mais encore aujourd'hui les pèlerin sont persuadés qu'il marche auprès eux et les protège pendant leur voyage.

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16. L'histoire du pèlerinage

On trouve un grand nombre d'explications au chiffre de 88 mais il n'est pas possible d'établir avec certitude quelle est la bonne.

          • La somme des âges malchanceux est 88 (13 pour les enfants, 33 pour les femmes, 42 pour les hommes)
          • Le caractère pour le riz peut se décomposer en les caractères pour 8, 10 et 8 et il faut noter que la culture du riz est l'un des fondements de la société japonaise sous ses aspects politiques, pratiques et cérémoniaux.
          • Le chiffre ressemble au pèlerinage des 99 princes du Kumano Kodō dans la région de Wakayama
          • Le caractère utilisé pour 8 (八) a un caractère bénéfique car il s'étend largement.
          • Les Japonais aiment les nombres qui sonnent bien et ont pris 88 pour signifier « beaucoup ».

Histoire

L'époque des moines ascètes
     On ne connaît pas l'origine du pèlerinage de Shikoku. On ne sait pas si c'est Kūkai qui l'a commencé ou si c'est Emon Saburō qui a parcouru Shikoku à la recherche de Kūkai.
     On le trouve dans le Sangō Shiiki de Kūkai, écrit en 797, puis dans les Konjaku Monogatari et Ryōjin Hishō du 12e siècle. On y fait référence sous le terme de Shikoku Hechi, la région lointaine, au delà de la mer, au bout des terres. Pendant cette période, les moines ascètes ainsi que les moines pratiquant le Shūgendō traditionnel venaient sur Shikoku pour développer leurs pouvoirs magiques et spirituels qui était alors l'objectif principal du pèlerinage. Les adorateurs du culte de la mer ou des montagnes venaient ainsi de régions bien plus développées que Shikoku à la recherche de lieux dédiés à leur pratique religieuse. Le concept des 88 temples n'avaient alors pas encore été formulé et ils n'étaient alors qu'à la recherche des lieux les plus éloignés pour s'adonner à leurs pratiques.

La première apparition du terme « pèlerinage de Shikoku » date de 1280 et se trouve dans un document du Daigo-ji. Il existait alors également les Kōya Hijiri, les moines missionnaires du Mont Kōya dont les activités sont documentées entre le 12e et le 15e siècle. Ces moines disséminaient les enseignements du Mont Kōya et voyageaient dans Shikoku pour collecter les dons qu'ils ramenaient à Wakayama. Ils étaient pour moitié moines et pour moitié laïques et l'on considère que leur travail est la fondation des croyances relatives à Kōbō Daishi et au pèlerinage. Les famines étaient fréquentes à cette époque et les conditions sociales terribles. Le commun des mortels était ainsi particulièrement fervent dans sa pratique religieuse.
     Le nombre 88 apparaît pour la première fois en 1471 puis en 1629 mais les recherches historiques ne sont pas concluantes.
     On considère que les 88 temples et la route du pèlerinage ont été établis entre la fin du 16e et le début du 17e siècle. On trouve un livre de voyage de Chōzen en 1653, le Shikoku Henro Nikki, puis le guide du pèlerinage de Shinnen (considéré comme un Kōya Hijiri) le Shikoku Henro Michishirube en 1687, tous deux premiers livre publiés à destination du grand public. On en trouve de multiples éditions qui prouvent qu'ils étaient devenus des best-sellers. Le pèlerinage se retrouve ensuite aussi bien dans des pièces de Kabuki que de Jōruri, indiquant qu'il avait alors largement pénétré la conscience populaire. La stabilité sociale de l'époque, la croissance économique, la sécurité mais aussi l'entretien des routes et des établissements de voyage amènent progressivement des touristes riches à entamer le pèlerinage.

Au fil de l'histoire, le statut du pèlerinage va varier en fonction des gouvernements et des conflits internes pour arriver à l'époque contemporaine.
      Aujourd'hui, avec le développement considérable des moyens de transports, un nouveau style de pèlerinage est né.
     Les panneaux indicateurs et autres signes se sont considérablement améliorés. L'ajout de site touristiques et l'accès plus facile au pèlerinage ont beaucoup fait pour augmenter le nombre de pèlerins. Mais dans ce monde d'abondance matérielle, se trouvent aussi beaucoup plus d'individus à la recherche d'une vraie richesse et d'un apaisement spirituel.
Un peu plus d’histoire
L'histoire du pèlerinage ne peut faire l'impasse sur sa partie la plus sombre. D'après les sources historiques, dès le milieu du 16e siècle, avec la stabilisation du système politique et socio-économique, la population commença à bénéficier d'une amélioration de son niveau de vie et le nombre de pèlerins commença à croître en même temps que la disparité des situations et c'est ainsi que dans la seconde moitié du 17e siècle, des personnes démunies commencent à faire leur apparition dans le pèlerinage.
    Les famines, les impōts, la précarité font que nombreux se dirigent vers Shikoku pour bénéficier de la culture du Osettai. Rapidement, des mendiants, faux pèlerins, pèlerins professionnels, malades et invalides font leur apparition sur les chemins.
Des pèlerins eux-mêmes souffrant de malnutrition et de fatigue erraient comme des morts-vivants et quand leurs jours prenaient fin ils étaient enterrés selon la coutume du village où ils étaient décédés, laissant derrière eux seulement une lettre qu'ils portaient avec eux, une « Sute Orai Tegata », qui était envoyée à leur village d'origine pour l'informer du décès de la personne.Ces funérailles coūtaient au village qui dans certains cas déplaçait le corps pendant la nuit pour le mettre à l'entrée du village suivant.
     À l'époque, le cancer des poumons et la lèpre étaient considérés comme héréditaires. Si une personne tombait malade, elle quittait son village pour devenir pèlerin, au risque de souffrir de discrimination par les autres pèlerins, mais aussi par les villageois. Ils étaient souvent refusés dans les auberges.

L'augmentation de ces pèlerins fut la cause d'une augmentation de l'insécurité et de la colère des habitants. Les administrations locales, ne sachant pas comme gérer ces situations commencèrent alors à restreindre le nombre de pèlerins acceptés sur leur territoire, allant jusqu'à interdire leur entrée comme dans les provinces de Tosa et d'Uwajima entre 1854 et 1866.
L'association entre le pèlerinage et le bouddhisme Shingon est forte, mais de nombreux temples ont d'autres affiliations.
• Bouddhisme Tendai : #43, Meiseki-ji; #76, Konzō-ji; #82, Negoro-ji; #87, Nagao-ji
• Bouddhisme Rinzai Zen : #11; Fujiidera; #33, Sekkei-ji
• Bouddhisme Sōtō Zen : #15, Kokubun-ji
• Bouddhisme Ji : #78, Goshō-ji

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17. Glossaire et informations diverses

Engi

Histoire des origines et des effets bénéfiques de chaque temple

Projet d'abris pour pèlerins      Un projet qui vise à construire des abris pour que les pèlerins marcheurs puissent se reposer. Les abris sont créés par des bénévoles pour transmettre leur héritage de cette culture du pèlerinage. La conception des abris est caractéristique des régions traversées et incorpore la pensée de Kūkai.
Temples Bangai (non numérotés)      Les temples qui sont historiquement liés au pèlerinage, mais qui ne font pas partie des 88.
Bussokuseki

Les empreintes des pieds du Bouddha Shakyamuni, gravées dans de la pierre et utilisées comme objet des rituels.

Dōjō      On traduit fréquemment le terme par « salle d'entraînement », mais il a une signification particulière en bouddhisme où c'est un lieu d'ascèse physique et spirituelle.
     Les 4 dōjōs existent dans le pèlerinage depuis au moins la Seconde Guerre mondiale. Le concept de dōjō est en accord avec la conception du pèlerinage comme une boucle, décrite dans Shinnen en 1687, dont tous les lieux peuvent servir de point de départ.
Dōgyō Ninin      Le pèlerin n'est jamais seul. Il est toujours accompagné par Kōbō Daishi qui est là pour l'aide dans l'ascèse.
Ekiroji      Une appellation donnée à huit temples dans la préfecture de Tokushima (alors Awa) en 1598 qui leur donnait le droit d'héberger les pèlerins, mais les forçait à prendre la responsabilité du passage de ces derniers sur les routes. Le temple #6, Anrakuji est né de la fusion de temples avec un Ekiroji appelé Zuiunji.
Gokosho      Un instrument rituel porté par Kōbō-Daishi dans sa main droite dans les portraits officiels. C'est un type de Vajra, les autres typés étant le Dokkosho et le Sankosho. Parmi les Bouddhas et déités, c'est également une arme portée par les Rois de la sagesse avec laquelle ils font fuir les désirs humains (bonnō).
Goeika      Un poème chanté à la fin d'un service religieux. Ils ont le même effet que les sutras.
Goma      Une cérémonie du feu où les offrandes et des baguettes de bois sur lesquelles sont inscrits des prières et des souhaits sont brūlées, et où les prières et souhaits sont portés aux cieux par les flemmes. On appelle Saito Goma les cérémonies ayant lieu à l'extérieur.
     Dans les cérémonies liées au culte de la mer, des gomas étaient organisées pour aider les navires dans leur navigation.
Hannya Shingyō      Le sutra du cœur. Un des nombreux sutras bouddhistes. On dit qu'il concentre 600 volumes d'écritures en 262 caractères. On considère qu'il a été écrit entre le 2d et le 3e siècle. Il enseigne que le concept de vide (ku) amène à un état d'esprit appelé satori (illumination) en évacuant toutes les obsessions telles que l'avarice et les désirs matériels.
Henro Korogashi      Sections du pèlerinage particulièrement abruptes et dangereuses. On les trouve sur les chemins des temples 12, 20, 21, 27, 60, 66, 81 et 82. « Korogashi » veut dire tomber.
Honzon      La statue dans le temple principal d'un temple qui sert de focus central et d'objet du culte. Soit un Bouddha, soit une déité bouddhique. Dans presque tous les cas, une statue sert de Honzon, dans certains temples il existe également un Kyoji placé à gauche et à droite de la statue principale.
Hyōseki      Marques en pierre sur le chemin du pèlerinage indiquant le nom et numéro du temple prochain, sa distance et sa direction. Elles ont été mises en place au fil des siècles dès le 17e. Les deux personnages les plus connus qui les ont mises en place sont Shinnen au 17e, qui en a posé 200 et Nakatsukasa Mohei (1845—1922) qui est dit en avoir posé environ 240.
Ichinomiya      Les Ichinomiya sont les sanctuaires shinto locaux du rang le plus élevé (bien que les rangs aient été abolis en 1946). Entre 701 et 1869, la nation était divisée en 68 régions administratives qui avaient chacune leur propre sanctuaire d'Ichinomiya. ---
Les sanctuaires Ichinomiya actuels sont pour les quatre préfectures: -
  • Sanctuaire d'Oasahiko à Tokushima
  • Sanctuaire de Tosa à Kōchi
  • Sancturaire d'Oyamazumi d'Iyo à Ehime
  • Sanctuaire de Tamura à Kagawa
Le mont Ishizuchi      Situé dans la préfecture d'Ehime, Kūkai y pratique l'ascèse. C'est la montagne la plus haute du Japon occidental avec ses 1 982 mètres. Dans son livre Sangō Shiiki, Kūkai y fait référence de la manière suivante : « J'ai grimpé une fois au sommet du Ishizuchi, mais presque sans nourriture j'étais coupé du monde. » Quand la saison le permet, de nombreux touristes le grimpent pour voir le paysage de la mer de Seto, mais on peut aussi y voir les chaînes de montagnes de Chūgoku et Kyūshū par beau temps.
     Selon l’En-no-Gyōja, la région fut ouverte au 7e siècle et était utilisée pour le culte de la montagne et les pratiques de moines Shugendō. Les chemins donnent encore l'apparence de servir à ces moines avec des passages aménagés avec des chaînes pour permettre aux voyageurs de grimper. Le nord de la montagne et parsemé de lieux de pratique associés au sanctuaire des Trente six princes (Sanjūroku Ōji Sha) et des croyants viennent de la région qui s'étend du temple 60 au temple 64.
Kechigan      Achever le pèlerinage des 88 temples.
Kokubunji      En 741, l'empereur Shōmu (701-756) ordonne à chaque province de construire un temple d'État pour les hommes et un monastère pour les femmes respectivement appelés Kokubunji et Kokubu-niji pour apaiser les populations dans tout le pays. Chaque temple était géré par le gouvernement et construit à proximité des bureaux des gouverneurs provinciaux. Les quatre « Kokubunji » de Shikoku font partie du pèlerinage.
Mont Kōya      Le mont Kōya, situé dans la préfecture de Wakayama héberge une grande communauté monastique ouverte en 816 par Kūkai sur ce mont isolé de 800 mètres. 3 000 personnes sont autorisées à y vivre avec au centre le temple de Kongōbuji. Site de l'héritage mondial depuis 2004.
     C'est devenu une tradition parmi les pèlerins de visiter ce mausolée de Kōbō-Daishi dans le temple intérieur (Oku-no-in) après avoir accompli le pèlerinage pour pouvoir lui annoncer sa complétion. D'autres pèlerins préfèrent commencer le pèlerinage en annonçant leur départ à Kōbō-Daishi pour lui demander son aide sur le chemin.
Mandara

Une carte iconographique du monde bouddhique en général peinte. Dans le bouddhisme japonais ésotérique (mikkyō), il y a deux mandalas principaux chacun représentant l'un des deux principaux textes du bouddhisme Shingon. Le Kongōkai est une représentation visuelle du Kongōchōgyō, le Taizōkai est une représentation du Dainichikyō.

Mikkyō      On considère que le bouddhisme a été transmis au Japon par le royaume de Kudara (Baekje) de la péninsule Coréenne en 538 ou 552, alors que le bouddhisme ésotérique n'a pas été transmis avant la période Tenpyō (729-749) après laquelle Kōbō Daishi aurait organisé et systématisé son enseignement et l'aurait diffusé auprès de la population.
    
     Le bouddhisme Mikkyō est toujours vivant au Japon avec de nombreux croyants et de moines qui continuent sa recherche et son enseignement. Il est seulement pratiqué au Tibet et au Japon, mais les deux ont évolué différemment.
    
     Après sa transmission au Japon, le bouddhisme s'est considérablement développé. De nombreuses sectes sont nées et ont disparu, et si Shakyamuni est le fondateur du bouddhisme lui-même, chaque secte a un fondateur charismatique et les croyants qu'il a attirés. On considère que Kōbō Daishi est l'un de ces fondateurs.
Nehan-zō

Une statue du Bouddha montrant Shakyamuni étendu mort sur son cōté droit après être entré au Paranirvana final. La statue est constituée de quatre pièces de bois de santal. L'oreiller du Bouddha est toujours orienté au nord et des Bodhisattvas et autres disciples l'entourent dans le deuil.

Nyonin-Kinsen      Une ancienne coutume qui interdisait aux femmes de pénétrer les aires sacrées dans les montagnes. On la considère en relation avec les pratiques Shugendō. Dans les lieux où la tradition était appliquée, on préparait des espaces spécifiquement pour les femmes. Sur Shikoku cela concernait trois complexes :
• Le mont Ishizuchi, où la tradition est encore appliquée le premier juillet seulement
• La grotte de Kannon sous le Hotsumisakiji (temple #24, interdiction levée en 1873)
• Les roches de Fudō près du Kongochōji (temple #26, interdiction levée en 1873)
Oku-no-in      Le temple intérieur, en général situé dans un lieu difficile d'accès et parfois dangereux, tel que des grottes, des chutes d'eau, au sommet de montagnes. Dans les temps anciens, les ascètes pratiquaient dans la proximité de ces temples et ils vivaient avec leurs serviteurs dans le temple lui-même. Au fil des années, le nombre de bâtiments augmentait et les habitants commençaient à fréquenter le temple. Il est important de comprendre la fonction de ces temples pour avoir une plus grande compréhension du pèlerinage. Ils sont demeurés simples et assez mal équipés.
Orei-Mairi      La coutume de revenir au temple d'où l'on a commencé le pèlerinage après l'avoir complété. Ou encore, la visite du Oku-no-in du mont Kōya pour annoncer à Kōbo Daishi qu'on a fini le pèlerinage. On dit que Kōbo Daishi repose en éternelle méditation dans le mausolée derrière le Oku-on-in depuis sa mort matérielle.
Osettai      La coutume locale qui consiste à faire des dons aux pèlerins marcheurs. Ces dons ne sont pas seulement là pour aider le pèlerin, mais également en tant qu'offrande à Bouddha et pour cette raison il n'est pas bien de les refuser. De nombreux pèlerins sont surpris de la gentillesse des habitants de Shikoku qui eux voient la vie des pèlerins comme étant proche de Bouddha. Le Osettai est ce qui est le plus représentatif du pèlerinage de Shikoku.
     Recevoir un osettai s'accompagne d'une prière pour la personne qui a fait le don. Y a-t-il une signification à un osettai qu'on accepterait pour son bien personnel exclusivement ? Le osettai pose cette condition. Le don n'est pas personnel, mais une offrande. Il ne faut pas y voir de contradiction.
Rakan      En Inde, les disciples de Shakyamuni qui atteignaient le satori étaient appelés rakans. En Chine, le terme désigne les groupes de bouddhistes ascétiques. On trouve des statues de rakans intéressantes dans les temples du pèlerinage (#5, Jizōji; #66, Unpenji; and #75 Zentsūji) et même si certaines collections ont jusqu'à 500 statues, aucune n'est pareille à l'autre, elles ont toutes une expression différente. Une statue rouge de Binzuru, appelé aussi Obinzuru-sama, se trouve fréquement dans les temples du pèlerinage, c'est également un rakan. Obinzuru-sama est un guérisseur et il est dit que si vous frottez une partie du corps qui vous fait mal et que vous ensuite frottez la même partie du corps sur la statue, Binzuru vous guérira.
Saisen      Les offrandes monétaires faites dans les sanctuaires shinto et temples bouddhiques. Dans les temps anciens, on mettait l'argent dans une feuille de papier avant de le mettre dans la boîte à offrandes. Avant ces offrandes en argent, on trouvait bien sūr des offrandes en biens, riz par exemple.
Sanmitsu      Les trois secrets du bouddhisme Shingon. Le bouddhisme Shingon considère que tout être humain est un bouddha qui ne s'est pas réalisé et c'est à travers les trois pratiques secrètes que cette réalisation se fait.
     Les trois pratiques secrètes fonctionnent dans deux directions. Dainichi Nyorai, la personnification de la vérité (Dharmakaya), les pratique avec pour objectif de révéler la vérité alors que nous les pratiquons dans le but de réaliser la vérité. C'est l'unification des deux pratiques qui conduit au satori.

On trouve trois variétés de pratiques secrètes : les secrets du corps, du langage, et de l'esprit.

  • Les secrets du corps incluent les mudras à la main, la manipulation des outils rituels et la méditation.
  • Les secrets du langage incluent le chant des sutras,
  • Les secrets de l'esprit incluent des pratiques de visualisationavec des mandalas et des caractères sanskrits.
Satori      L'illumination, l'objectif final du pèlerin. Le plus haut état du Bouddha. Les personnes qui atteignent le satori deviennent Buddha. Il est aisé de comprendre les mots, c'est la compréhension de la signification du vrai sens toutes les choses.
Sekishoji      Les barrières du temple où l'on dit que Kōbō Daishi vérifie tous les pèlerins. Si leur comportement est mauvais, il leur sera impossible de continuer le pèlerinage au-delà de ce temple. Il y a une barrière dans chaque préfecture : #19, Tatseueji ; #27, Konomineji ; #60, Yokomineji; and #66, Unpenji.
Sendatsu      Les guides vétérans ont beaucoup d'expérience et guident les pèlerins novices. Pour devenir un Sendatsu, il faut compléter le pèlerinage au moins quatre fois pour être recommandé par l'un des temples. On fois la recommandation faite, l'organisation délibère et approuve ou non la recommandation. Une fois accepté, le sendatsu se voit octroyé les qualifications et autorisations requises.
Shinbutsu Bunri      En 1868, le gouvernement japonais mit en place une politique nationaliste qui abolissait le syncrétisme local entre le Shinto et le bouddhisme (Shinbutsu Shūgō) et les séparait strictement. Les mouvements anti-bouddhistes (Haibutsu Kishaku) visèrent alors à son abolition et ce sentiment se répandit dans la population. On en ressentit les effets même à Shikoku où de nombreux temples virent leurs biens confisqués ou détruits. Ces actes continuèrent jusqu'à l'instauration de la liberté de religion en 1875.

     Dans la période plus récente, la plus grande partie de l'art bouddhique hors du Japon a été détruit ou volé. On dit même que le bois de la pagode du Kōfukuji à Nara (site de l'héritage mondial depuis 1998) fut vendu comme bois de chauffage pour 25 yens.
Shingon      Ce terme a plusieurs significations. Il signifie en premier les matras en sanskrit attribués au bouddhas et aux autres déités du bouddhisme ésotérique. Il représente également l'école de bouddhisme ésotérique japonaise établie par Kūkai au 9e siècle.
Sokushin Jōbutsu      C'est la réalisation du satori et la transformation en Bouddha dans le corps actuel de la personne. Pour y aboutir il est nécessaire d'abandonner sa routine quotidienne et de se soumettre à un entrainement et à une pratique religieux particulièrement stricts. Il est nécessaire d'abandonner son égo et d'offrir son corps et sa vie au monde et aux autres. Il faut s'isoler dans la montagne pendant 1 000, voir 2 000 jours et tout abandonner en continuant la pratique de l'ascèse. Le monde du Sokushin Jōbutsu transcende tout, les quatres directions (voir la description du sugegasa plus haut), le bien et le mal, la vie et la mort.
Takuhatsu

Dans les temps anciens, les moines et les pèlerins allaient de demeure en demeure pour chanter des sutras pour le bonheur des habitants dans le but d'obtenir un soutien financier pour le temple auquel ils appartenaient. Les habitants faisaient alors des offrandes de riz ou d'argent en les plaçant dans le bol du moine. On appelait ces offrandes Ofuse. Pour les pèlerins, cette pratique demandait un courage considérable. Aujourd'hui encore on trouve des moine pratiquant le takuhatsu près des gares ou dans les artères fréquentées mais il est interdit de le faire de l'enceinte du temple.

Tashinkyō      Le terme signifie polythéisme. De nombreux japonais se considèrent comme polythéistes et leur pratique bouddhique n'est qu'un aspect de leur pratique religieuse. Ailleurs dans le monde on trouve d'autres dieux et d'autres bouddhas. Les rituels ont pour sujet des statues représentant ces dieux et dépassant l'état d'œuvre d'art.
Otera      Les temples. Jusqu'à il y a trente ans environs, les temples étaient des lieux de rassemblement et de réunion mais aussi des lieu de jeu pour les enfants. Le temple était très proche de la vie quotidienne des gens. Aujourd'hui on les utilise rarement pur autre chose que des services funéraires ou autres fonctions religieuses, en particulier dans les zones urbaines.
Waniguchi

Une cloche de métal accrochée à l'avant du toit dans le temple principal et le Daishi-dō. Le terme veut dire « bouche de crocodile » et ce nom vient de la forme plate de la cloche avec une grande ouverture sur son fond. Les pèlerins sonnent la cloche en secouant la corde qui lui est attachée pour annoncer au Bouddha du temple que vous êtes arrivé pour prier.

Waraji

On trouve à l'entrée des temples du pèlerinage des sandales de paille (waraji) de taille diverse accrochées aux portes principales. Ce sont des prières à votre endurance pour pouvoir marcher facilement dans les sentiers de montagne et sur de grandes distances.
Certaines personnes en font, mais elles ne sont presque jamais utilisées. Avant que les routes du pèlerinage soient pavées, elles étaient portées par tous les pèlerins.

Yaku      Être victime de malchance, d'un désastre.
Yaku-doshi      Les années où vous devez être particulièrement vigilant contre la malchance et les désastres. Si l'on considère qu'une personne a un an l'année de sa naissance, les yaku-doshi pour les hommes sont 25, 42 et 61, pour les femmes elles sont 18, 33 et 37. L'âge de 42 ans pour les hommes et de 37 ans pour les femmes est appelé « dai-yaku » et les risques d'être victime d'une catastrophe augmentent considérablement. Comme les Japonais n'utilisent plus ce système pour calculer les âges, il suffit d'ajouter 1 à son âge.
     Certains temples ont des escaliers « yaku-doshi » avec un nombre de marches égal aux âges des dai-yaku. Si vous avez cet âge, mettez une pièce sur chacune des marches en les montant en espérant que ceci réduira votre malchance.
Yaku-yoke

Prière à la déité du temple principal pour échapper à sa malchance. C'est une pratique très commune.

Uruu-Doshi      Année bissextile. On dit que faire le pèlerinage en gyaku-uchi lors d'une année bissextile apporte encore plus de bienfaits.

     Cette croyance vient de l'histoire d'Emon Saburō qui fit le pèlerinage 20 fois en jun'uchi pour chercher Kōbō Daishi sans le trouver. Il décida alors de faire le pèlerinage en gyaku'uchi en espérant augmenter ses chances et il trouva Kobo Daishi au pied de la montagne menant au Shōsanji. Cette année devint bissextile pour cette raison. Même aujourd'hui, on dit que les pèlerins qui voyagent en gyaku'uchi ont bien plus de chances de rencontrer Kobo Daishi qui continue sa pratique spirituelle en marchant sans cesse autour de l'île en jun'uchi.

     Il faut noter que les panneaux indicateurs ont été installés pour les personnes voyageant en jun'uchi. Les pèlerins voyageant dans l'autre sens se perdent fréquemment et c'est aussi pour cette raison qu'on considère les bénéfices du gyaku-uchi comme plus importants.
Go-Butsu      Les cinq Bouddhas. Dainichi Nyorai (Bouddha) et les quatre bouddhas qui l'entourent dans la section centrale des deux mandalas Shingon principaux. On voit des drapeaux de cinqu couleurs différentes dans les temples du pèlerinage. Ces couleurs sont associées aux cinq bouddhas.
Jūsan-Butsu      Les treize bouddhas. Treize bouddhas sont le sujet du culte dans le bouddhisme Shingon. En groupe, ils sont les déités principales des deux mandalas Shingon. Les services funéraires bouddhiques donnés le 7e jour après un décès on place Fudō Miyōō sur l'autel. Les services des jours et années suivants alterneront le bouddha présent sur l'autel. Le dernier service sera celui du 33e anniversaire du décès, avec Kokuzō placé sur l'autel.
En-no-Gyōja (634-701)      On dit aussi En-no-Ozuna. Né dans la préfecture actuelle de Nara, c'était un guérisseur qui étudiant les pratiques ésotériques et pratiquait l'ascèse dans les montagnes. Il a posé les fondements du Shugendō. Il a réellement existé, mais l'image qui a été transmise a été altérée par les légendes et le folklore associés à sa personne.
     On le considère comme le fondateur des temples de Shōsanji, Yasakaji, Yokomineji et Maegamiji.
Frederick Starr(1895-1933)

Professeur d'anthropologie à l'Université de Chicago, il a fait quinze séjours au Japon pendant lesquels il a beaucoup voyagé. Ses osamefuda faits à la main ont été trouvés dans de nombreux temples et sanctuaires dans tout le pays au point qu'on l'appelait « Docteur amulette ». En 1921 il entreprit un pèlerinage de trente jours et laissa un osamefuda en cuivre au Enmyōji, aujourd'hui le plus ancien osamefuda trouvé dans ce temple. Il a monté le mon Fuji cinq fois et a été enterré à son pied.

Gyōki (668-749)      Moine né dans la préfecture actuelle d'Osaka. Il était actif dans la région du Kansai où il s'occupait des personnes dans le besoin. Il a contribué également au contrōle des inondations, à la création de nouveaux champs de riz et de ponts. En 745 le gouvernement lui donne le titre le plus haut dans le clergé bouddhique. Il a également le titre de Bosatsu (Bodhisattva) et est donc également connu sous le nom de Gyōki Bosatsu. On dit qu'il a fondé trente des temples du pèlerinage.
Chōsokabe Motochika (1538—1599)      Le seigneur féodal qui dirigeait la province de Tosa (Kōchi aujourd'hui). En 1585 il unifie Shikoku et son pouvoir et son influence grandissent d'autant. Cette période d'unification a amené la destruction de nombreux temples hors de la province de Tosa ainsi que beaucoup de souffrances pendant les années qui ont suivi pendant la période de reconstruction.
Shinnen Yuben (?-1691)      On considère le la popularité du pèlerinage a commencé au 17e siècle avec la publication du premier guide par Shinnen, le Shikoku Henro Michichshirube, en 1687. Shinnen fit le pèlerinage plus de vingt fois et voyant de nombreux pèlerins se perdre il mit en place 200 signes en pierre dans tout Shikoku. Il recueillit ensuite des histoires sur les bienfaits du pèlerinage et les publia en 1690 sous le titre Shikoku Henro Kudoku Ki. Avec sont camarade le moine Jyakuhon du mont Kōya, il écrit et publia un manuel des 88 temples en 1689 appelé Shikoku Henro Reijō Ki.
Unités de longueur      Le système métrique n'a été adopté au Japon qu'en 1891. Le système alors en vigueur était inspiré d'un système chinois. Les anciens panneaux utilisaient ce système de chō (109 m) et de ri (3 927 m), mais les distances réelles variaient selon la manière de les mesurer.
Musées      Les musées historiques de la préfecture d'Ehime (Saiyo) et de Kagawa (Takamatsu) offrent des informations complètes sur l'histoire du pèlerinage.

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18. Introduction aux statues bouddhiques

Ceci est une introduction aux statues bouddhiques trouvées fréquemment dans les 88 temples du pèlerinage.

     Le système polythéiste japonais avait amalgamé le culte bouddhique et le culte Shinto pendant des siècles. Une quantité innombrable de déités et bouddhas sont nés des désirs et souhaits des croyants avec pour chacun une manière de le vénérer. Cette introduction vous permettra de mieux comprendre les bienfaits associés à chaque statue ainsi que sa signification.

Nyorai (Bouddha)

Les êtres qui ont atteint l'illumination. Les Nyorai sont également appelés Budda (transcription japonaise de Bouddha) et remontent à la fondation du bouddhisme pas Shakyamuni. Les Nyorai sont les êtres du plus haut niveau et leurs statues ne portent aucun accessoire ou objet attaché à leur corps d'une manière générale.

Shaka Nyorai (Shakyamuni)      Né prince avec le nom de Gotama Siddhartha, Shakyamuni est le fondateur du bouddhisme. On l'appelle Shaka Nyorai en signe de respect. Il a atteint l'illumination après des années d'ascèse et avec les pouvoirs qu'il a ainsi acquis s'est consacré au salut de tous les êtres vivants.
Amida Nyorai      Amida Nyorai est immortel et sa lumière éclaire le monde et tous les êtres humains. C'est un être de pouvoirs surnaturels sans les limites du temps et de l'espace. Ses croyants le rejoignent dans la Terre pure après leur mort.
Yakushi Nyorai      Si les autres nyorai vous apportent le confort après la mort, Yakushi Nyorai a pour souhait de sauver les êtres vivants de la maladie et de la souffrance subies pendant dans leur vie. Yakushi a une affection sans limites. On le voit souvent avec un bol à médecine dans sa main gauche.
Dainichi Nyorai      On le trouve habillé comme un jeune Shaka Nyorai. La plupart de ses statues le montrent portant divers accessoires et ornements cosmiques. Dainichi Nyorai est le plus important nyorai du bouddhisme ésotérique.

Bossatsu (Bodhisattva)

Les bossatsus pratiquent l'ascèse auprès des Nyorai tout en contribuant au salut de tous les êtres vivants. Leurs statues sont en général plus décorées que les Nyorai et on les trouve souvent avec des couronnes, des colliers, des boucles d'oreilles. On les voit aussi tenant divers accessoires qu'ils utilisent pour réaliser les souhaits de ceux qu'ils aident.

Jūichimen Kannon Bosatsu      Le bodhisattva à onze visages Avalokitesvara. En plus de son premier visage, la statue a onze visages supplémentaires disposés autour de la tête de la statue, montrant chacun une émotion humaine (la joie, la colère, la douleur, l'humour, etc.) Ce bodhisattva fait preuve de beaucoup de compassion, on le trouve souvent représenté par une femme.
Senju Kannon Bosatsu      Le bodhisattva à mille bras, Avolokitesvara. La paume de chacune de ses mains a un œil qui lui permet de déceler les souffrances de tous les êtres vivants pour ensuite tenter de les sauver.
Jizō Bosatsu      Jizō tente de sauver les êtres de leurs soucis et difficultés, tout comme la Terre mère a le pouvoir de prendre soin de nous tous. On considère que Jizō est la déité gardienne des enfants et l'on dit que pendant les 5 670 000 000 années entre la mort de Shakyamuni et l'apparition du Miroku Bosatsu (le bodhisattva Maitrea), alors qu'aucun bouddha ne sera présent dans ce monde, Jizō continuera sans cesse d'œuvrer au salut de tous.
Shō Kannon Bosatsu      Le bodhisattva Avolokitesvara sacré. Représentée sous la forme d'un être humain. Elle porte une couronne décorée de petites statues de Amida Nyorai et tient une fleur de lotus dans sa main gauche.
Kokūzō Bosatsu      Le bodhisattva Akasagarbha. Sa sagesse et sa compassion sont à l'égale de l'infinité de l'univers. Le culte de Kokūzō apporte comme bienfait la mémoire et la capacité à étudier. Il est représenté avec un joyau réalisateur de vœux dans sa main gauche.
Batō Kannon Bosatsu      Le bodhisattva Avolokitesvara à tête de cheval. Cette statue représente Kannon avec une tête de cheval sur sa propre tête. Il œuvre à faire disparaître l'ignorance et les désirs matériels (bonnō) et à détruire le mal. Si les autres statues de Kannon le représentent sous une forme féminine et apaisée, Batō est représenté avec un regard dur et des dents à vif, lui donnant une expression de colère et de sauvagerie.
Monju Bosatsu      Le bodhisattva Manjusri. Monju est le bosatsu de la connaissance qui nous apporte la sagesse des jugements et des décisions corrects. Il est assis sur un trône de lotus, parfois placé sur le dos d'un lion. Il tient une épée dans sa main droite, un symbole de sagesse avec laquelle il anéantit nos illusions. Dans sa main gauche, il tient une fleur de lotus et un sutra avec lequel il transmet sa sagesse à tous.
Miroku Bosatsu      Le bodhisattva Maitreya qui apparaîtra 5 670 000 000 ans après la mort de Shakyamuni pour sauver tous les êtres vivants. On l'appelle le bouddha du futur. Il deviendra bouddha après son apparition.

Myōō (rois de la sagesse)

Dans le bouddhisme ésotérique les myōō sont les déités messagères de Dainichi Nyorai. Ils tiennent une épée dans leur main droite et une corde dans leur main gauche. Leur regard est dur avec leurs yeux grands ouverts. Ils utilisent leurs pouvoirs pour punir le mal et la cruauté.

Fudō Myōō      Acala Vidyaraja. Une déité unique au bouddhisme ésotérique apporté du Chne par Kūkai. Fudō est la personnification de Dainichi Nyorai et anéantit nos désirs matériels (bonnō) avec son apparence terrible et les flammes qui l'entourent. Il nous protège en se substituant à nous en temps de besoin.

Tenbu

Venues du brahmanisme, ces nombreuses déités ont pour fonction de protéger les bouddhas, bodhisattvas et myōō de leurs ennemis. On en trouve quatre souvent ensemble, les quatre rois des cieux (Shitennō) et ils protègent le monde bouddhique dans les quatre directions : Jikouten pour l'Est, Kōmokuten pour l'Ouest, Zōchōten pour le Sud et Tamonten pour le Nord.

Kongō Rikishi (Gardiens de Niō)      Deux déités sous forme humaine postées à gauche et à droite de l'entrée principale des temples, bloquant avec leurs expressions féroces les ennemis des bouddhas. À droite devant l'entrée se trouve Agyō avec sa bouche ouverte, à gauche se trouve Ungyō avec sa bouche fermée. On les appelle fréquemment « Oniō-sama ».

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19. Accès

Shikoku, au départ des principales villes japonaises

En avion Aéroport de Tokushima ←→ Tōkyō, Fukuoka
Aéroport de Kōchi ←→ Tōkyō, Nagoya, Ōsaka, Fukuoka
Aéroport de Matsuyama ←→Tōkyō-Narita, Chubu, Osaka, Kansai, Fukuoka, Kagoshima, Naha, Séoul, Shanghai
Aéroport de Matsuyama ←→Tōkyō-Narita, Chubu, Osaka, Kansai, Fukuoka, Kagoshima, Naha, Séoul, Shanghai
Aéroport de Takamatsu ←→ Tōkyō-Narita, Naha, Séoul, Shanghai, Taipei
En train Principales villes japonaises ←→ Okayama ←→ Tokushima, Kōchi, Matsuyama, Takamatsu

Japan Rail Pass

Un billet particulièrement utile pour des séjours courts ou des voyages touristiques. Il permet d'utiliser toutes les lignes JR, y compris de Shikansen, mais l'inscription doit se faire avant l'entrée sur le territoire japonais.

Prix des billets (mars 2016)

Type Vert Ordinaire
Durée Adulte Enfant Adulte Enfant
7 jours 38 880 ¥ 19 440 ¥ 29 110 ¥ 14 550 ¥
14 jours 62 950 ¥ 31 470 ¥ 46 300 ¥ 23 190 ¥
21 jours 81 870 ¥ 40 930 ¥ 59 350 ¥ 29 670 ¥

 

En car Tokushima, Anan, Kamojima ←→ Tōkyō, Ōsaka (Toku Bus)
Tokushima ←→ Nagoya, Kyōto, KIX, Kobe, Okayama, Hiroshima (Toku Bus)
Nahari, Noichi, Tosa-yamada ←→ Kyōto, Ōsaka, Kōbe (Kintetsu Bus)
Muroto, sud de Tokushima ←→ Ōsaka, Kōbe (Toku Bus)
Kōchi ←→ Tōkyō, Nagoya, Kyōto, Kōbe, Okayama, Hiroshima (Tosaden Bus)
Kōchi, Aki ←→ Ōsaka (Tosaden Bus)
Susaki, Kōchi ←→ Kyōto, Ōsaka, Kōbe (IR Bus)
Sukumo, Nakamura, Kubokawa, Susaki ←→ Kyōto, Ōsaka, Kōbe (Kintetsu Bus)
Johen, Uwajima, Unomachi, Ōzu ←→ Ōsaka, Kōbe (Uwajima Jidōsha)
Ōzu, Uchiko, Matsuyama ←→ Tōkyō, Nagoya, Ōsaka (Iyōtetsu Bus)
Matsuyama ←→ Kyōto, Kōbe, Okayama, Fukuyama, Fukuoka (Iyōtetsu Bus)
Imabari, Saijō, Niihama, Shikoku Chūō ←→ Tōkyō, Ōsaka, Kōbe (Seto Uchi Bus)
Awa-ikeda, Donari, Itano ←→Ōsaka, Kōbe (Hankyū Bus)
Marugame, Sakaide, Takamatsu, Shido ←→ Tōkyō, Yokohama, Nagoya (Shikoku Kōsoku Bus)
Kan'onji, Marugame, Zentsūji ←→ Ōsaka, Kōbe, (Shikoku Kōsoku Bus)
Takamatsu ←→ Kyōto, Ōsaka, KIX, Kōbe (Shikoku Kōsoku Bus)
Takamatsu ←→ Ōsaka, Kōbe (Foot Bus)
Takamatsu ←→ Hiroshima (JR Shikoku Bus)

Les gares routières se trouvent à proximité des principales gares ferroviaires Remarque : les caractères gras indiquent un arrêt à la gare de Nankai Nanba

 

Kōyasan, au départ des principales villes japonaise

En avion KIX ←→ Tōkyō-Narita
KIX ←→ Kōyasan (Nankai Densha)
En train Toutes destinations ←→ Ōsaka Nanba ← (Nankai Densha) → Kōyasan

Transport dans Shikoku

Transports en commun
     Si vous manquez de temps, si vous souhaitez vous reposer, vous échapper un peu, n’hésitez pas à utiliser les transports en commun. Hors des grandes villes le nombre de départ sera cependant plus limité.
     Les quatre préfectures de Shikoku sont reliées par des cars autoroutiers. Les gares routières se trouvent à proximité des gares ferrovières principales.

Entre Shikoku et Koya-san

Accès à Koya-san
Nankai Electric Railway  http://www.nankai.co.jp/
     Pour aller à Koya-san, le point de départ est la gare de Nanba sur la ligne de Osaka Nankai Dentetsu.
     De Nanba à Koya-san, un express mettra environ 1h30 (pour 1 900¥), il existe des tickets aller-retour.
Pour aller à Nanba en partance des gare principales de Shikoku

En car autoroutier 1.Toku Bus au départ de Tokushima, Foot Bus au départ de Takamatsu, pour aller directement au 4e étage de la gare de Nankai Namba. En Foot Bus, on arrive à 25 min. de marche du temple #1 par l’arrêt Naruto-Nishi. On trouve des tickets pour le bus à Koya-san, des tickets pour la visite, en carnets ainsi que des billets réduits aller-retour.
2. En changeant à la station O-CAT de Osaka, on trouve des cars en partance de Tokushima, Kochi, Matsuyama ou Takamatsu. La gare de Nankai Nanba se trouve à 5 min. à pieds de O-CAT.
En train D’Okayama on peut prendre le shinkansen pour Shin-Osaka. De là, en passant par Osaka on peut changer à Shinimamiya pour arriver sur la ligne Nankai Dentetsu ou on peut prendre le métro à Shin-Osaka pour aller jusqu’à Nanba.
En avion De l’aéroport de Matsuyama on peut prendre des lignes Low-Cost pour l’aéroprt de Kansai, de là on prend la ligne Nankai Dentetsu pour descendre à Tengachaya en express (environ 35 min. pour 1 390 ¥)
En ferry La ligne Nankai Ferry relie Tokushima à Wakayama en deux heures pour 2 000 ¥. De la gare Nankai Dentetsu de Wakayama l’express vous ammène à Tengachaya en environ une heure (1 350 ¥).
Du port de Tokushima jusqu’à la gare de Koya-san on trouve des tickets spéciaux pour 2 000 ¥.
On peut aussi prendre le train de la gare de Wakayama jusqu’à la gare d’Hashimoto, pour 1h30 de trajet (820 ¥) de de la gare d’Hashimoto Station changer pour la ligne Nankai Dentetsu et arriver à Koya-san en environ 1h mais les connexions ne sont pas pratiques.

Informations touristiques dans Koya-san
Association touristique de Koyasan
http://www.shukubo.net/contents/ Tél : 0736-56-2616

Le mont Ishizuchi

Les routes pour atteindre le Ishizuchi passent soit par Matsuyama avec changement à Kuma pour arriver à Tsuchigoya, ou par Saijo en bus pour arriver au téléphérique. La première route est ouverte exclusivement du 1er avril au 30 novembre les week-ends et jours fériés, la second est ouverte tous les jours. Le mont Ishizuchi est proche des 2 000 mètres, pensez à porter des vêtements appropriés à l’occasion

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20. Japonais à connaître

     Les japonais que vous rencontrerez sur votre chemin ne parleront presque pas les langues étrangères, même l’anglais. Cependant, les habitants de Shikoku essayeront de vous rendre service et de vous comprendre dès qu’ils verront que vous êtes un pèlerin. Le mur de la langue n’est pas aussi élevé que ceci. Il existe des dictionnaires électronques Français-Japonais ainsi que des applications pour smart-phone et autres PDA.

Japonais pratique
Brochures linguistiques, téléchargeables en PDF
http://www.jnto.go.jp/eng/pdf/

Les bases

FrançaisPrononciation japonaisePrononciation japonaise
Descente
Oui / Non hai / iie はい / いいえ
S'il vous plaît onegai shimasu お願いします
Merci Arigatō gozaimasu ありがとうございます
Excusez-moi sumimasen すみません
Désolé gomen-nasai ごめんなさい
Bonjour (le matin) ohayō gozaimasu おはようございます
 Bonjour  konnichiwa こんにちは
 Bonsoir  konban wa こんばんは
 Bonne nuit  oyasumi nasai おやすみなさい
Au revoir sayonara さようなら
M. / Mme ....san 〜〜さん

Nombres

1 ichi いち (一) 11 jū ichi じゅういち (十一)
2 ni に (二) 12 jū ni じゅうに (十二)
3 san さん (三) 20 ni jū にじゅう (二十)
4 yon よん (四) 30 san jū さんじゅう (三十)
5 go ご(五) 50 go jū ごじゅう (五十)
6 oku ろく (六) 100 hyaku ひゃく (百)
7 nana なな (七) 200 ni hyaku にひゃく (二百)
8 hachi はち (八) 1 000 sen せん (千)
9 kyū きゅう (九) 10 000 ichi man いちまん (一万)
10 じゅう (十) 0 zero ぜろ (0)

Temps / jours de la semaine

Minute fun ふん Dimanche nichi yōbi 日曜日
heure ji Lundi getsu yobi 月曜日
jour hi/nichi ひ/にち Mardi ka yōbi 火曜日
Mois gatsu がつ Mercredi sui yōbi 水曜日
Matinée gozen ごぜん Jeudi moku yōbi 木曜日
Après-midi gogo ごご Vendredi kin yōbi 金曜日
nuit yoru よる (夜) Samedi do yōbi 土曜日

Jours du mois

1er tsuitachi 一日 9 kokonoka 九日
2 futsuka 二日 10 tōka 十日
3 mikka 三日 11 jū ichi nichi 十一日
4 yokka 四日 12 jū ni nichi 十二日
5 itsuka 五日 20 nijū nichi 二十日
6 muika 六日 21 nijū ichi nichi 二十一日
7 nanoka 七日 22 nijū ni nichi 二十二日
8 yōka 八日 30 sanjū nichi 三十日

Mot

liquide genkin 現金 téléphone denwa 電話
bureau de poste yubinkyoku 郵便局 téléphone portable keitai 携帯電話
ticket kippu きっぷ smart phone sumaho スマホ
carte chizu ちず wi-fi waï-faï ワイファイ
croisement kōsaten 交差点 main / pied te / ashi 手/足
signal shingō 信号 chaussure kutsu Chaussures
repas en boîte obentō 弁当 médicament kusuri
eau / thé mizu / ocha 水/お茶 bain public sentō 銭湯

Expressions utiles

mètres / kilomètres mētoru / kiromētoru メートル, キロメートル
Il y a encore 5 km. ato go kiro あと5キロ
Il faut encore 30 minutes. ato sanjū pun あと30分
Vous parlez français ? furansugo ga wakarimasuka フランス語が分かりますか?
Je ne parle pas japonais. nihongo ga wakarimasen 日本語が分りません。
Je ne comprends pas. wakarimasen 分かりません
J'ai compris. wakari mashita 分かりました。
Je suis (français). watashi wa (furansu jin) desu 私は(フランス人)です。
Comment vous appelez-vous ? onamae wa nan desuka ? お名前はなんですか?
Je suis perdu. michi ni mayoi mashita 道に迷いました。
Gauche / droite hidari / migi 左/右
Tournez à gauche / à droite. hidari (migi) e magaru 左(右)へ曲がる
Nord / Sud / Est / Ouest kita/minami/higashi/nishi 北・南・東・西
Quelle heure est-il ? ima nanji desuka ? 今何時ですか?
Contactez ... s'il vous plait. ... ni renraku shite kudasai. .. に連絡してください。
Appelez le docteur (la police) isha (keisatu) wo yonde kudasai 医者(警察)を呼んでください
J'ai mal à l'estomac onaka ga itai desu おなかが痛いです
J'ai de la fièvre netsu ga arimasu 熱があります
Attendez un instant chotto matte kudasai ちょっと待ってください

Les lieux

Où se trouve ... ? .. wa doko desuka ... はどこですか
Toilettes toï-lé  Toilettes  super-marché supā スーパー
 gare  eki  駅  Supérette  conbini  コンビニ
Arrêt de bus  basu-tei  バス停  hōpital  byōin  病院

L'auberge

J'aimerai faire une réservation. yoyaku onegai shimasu 予約お願いします
J'aimerai annuler une réservation. sumimasen, canselu shimasu すみません、キャンセルします
hier / aujourd'hui / demain kinō / kyō / ashita 昨日/今日/明日
sur-lendemain asatte あさって
Pour un /deux hitori desu / futari desu 一人です / 二人です
Mon nom est namae wa ... desu なまえは ... です
J'arriverai à (6) heures (roku) ji ni tsukimasu (6) 時に着きます
Je suis à ... maintenant. ima ... ni imasu 今 ... にいます
petit-déjeuner / dîner cho-shoku / yu-shoku 朝食 / 夕食
J'aimerai dîner yu-shoku onegai shimasu 夕食お願いします
sans repas sudomari desu 素泊まりです
J'aimerai avoir encore une portion. okawari onegai shimasu おかわりお願いします
C'est combien ? kura desuka いくらですか
Peut-on utiliser une carte de crédit ? ka-do wa tsukae masuka カードは使えますか
Puis-je utiliser l'internet (wifi) ? Internet (waifai) wa tsukae masuka インターネット(wi-fi)は使えますか
bain ofuro おふろ
Puis-je faire une lessive ? sentaku dekimasuka ? 洗濯できますか
C'est délicieux. oishii desu おいしいです
J'ai de la fièvre netsu ga arimasu 熱があります
Je suis végétarien(ne). watashi wa vegetarian desu 私はベジタリアンです
Une nuit/deux nuits ippaku/nihaku 一泊/二泊
aucune chambre libre manshitsu 満室
partager une chambre ai-be-ya 相部屋

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21. Lieux où les langues étrangères sont utilisées

Liste des bureaux publics d'information

Centre d'informations touristiques (TIC)

(Shin-Tōkyō Bldg rdc, ligne JR Keiyo, gare de Tōkyō. Sortie No. 6)
O : 9h – 17h
03-3201-3331
F : 1 jan.

Aéroport de Narita, Terminal No. 1, Hall des arrivées rdc

O : 8h – 20h
0476-30-3383

Aéroport de Narita, Terminal No. 2, Hall des arrivées rdc
O : 8h – 20h
0476-34-5877

Aéroport international de Kansai

Aéroport international de Kansai, rdc
O : 7h – 22h
072-456-6160

Centre d'information visiteurs d'Ōsaka

(rdc de la gare Nankai Nanba)
O : 9h – 18h
06-6631-9100
F : 31 déc. - 3 jan.

Centre d'information Kōbe

(cōté sud de la gare JR San'nomiya)
O : 9h – 17h
078-322-0220
F : 31 déc. - 2 jan.

Centre d'information touristes Momotarō

(1e étage de la gare JR Okayama)
O : 9h – 20h
086-222-2912

Centre d'information touristes de la ville d'Hiroshima

(Entrée principale sortie sud de la gare JR Hiroshima, rdc.)
O : 9h – 17h30
082-261-1877

Association d'échanges internationaux de la préfecture de Tokushima (TOPIA)

(dans la gare de JR Tokushima, 5e étage)
O : 10h – 18h
088-656-3303
F : 29 déc. - 3 jan.

Centre d'information touristes de la ville de Miyoshi

(en face de la gare JR Awa-Ikeda)
O : 9h – 18h
0883-76-0877
F : fêtes de fin d'année et de nouvel an

Information touristes « I » Kōchi

(en face de la gare JR Kōchi)
O : 9h – 17h
088-826-3337

Centre d'information touristes Aki

(3 minutes à pied de la gare d'Aki)
O : 8h – 17h30
0887-34-8344
F : fêtes de fin d'année et de nouvel an

Centre d'information touristes Shimanto

(dans Sun River Shimanto, à proximité de la gare de Nakamura)
O : 8h30 – 17h30
0887-35-4171

Informations Dōgō Onsen

(en face de la gare de Dogo-Onsen)
O : 9h – 20h
089-943-8342

Centre international de la préfecture d'Ehime (EPIC)

(2 min. de marche de l'arrêt de tramway Minamimachi Matsuyama, devant le Kenminbunka-kaikan Himegin Hall)
O : 8h30 - 17h
089-917-5678
F : samedi, dimanches, jours fériés, du 29 déc. au 3 jan.

Informations visiteurs de la région d'Imabari

(rdc. de la gare d'Imabari)
O : 9h – 19h
0898-36-1118
F : 29 déc. - 3 jan.

Takamatsu City Information Plaza

en face de la gare JR Takamatsu)
O : 9h – 18h
087-851-2009
F : 30 déc. - 3 jan.

Informations Aéroport de Takamatsu

(rdc. de l'aéroport de Takamatsu)
O : 8h – 21h35
087-814-3355

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22. Légendes liées au pèlerinage

Kōbō Daishi a une empreinte bien plus importante dans la culture religieuse de Shikoku que nulle part ailleurs au Japon. Quantité d'histoires existent à son propos et on trouve même une tendance à relier un grand nombre de choses à lui ou à sa vie. On trouve également des légendes dont le protagoniste a été modifié pour devenir Kōbō Daishi.

Temple 10, Kirihata Kannon (Awa, Tokushima)

Quand Kōbō Daishi passa ici il cherchait de nouveaux vêtements pour réparer sa robe abîmée. Au Kirihataji il rencontra une jeune femme qui tissait dans une fabrique de grande valeur et qui lui donna le tissu qu'elle avait terminé. Après ce don, la jeune femme lui déclara que son plus grand désir était de servir le Bouddha et de sauver tous les êtres humains. En entendant ceci Kōbō Daishi décida de l'ordonner none et immédiatement après qu'elle eu fait ses vœux elle se transforma en Senji Kannon Bosatsu et devint ainsi bouddha dans cette vie (Sokushin Jōbutsu).

Ryūsuian (Kamiyama, Tokushima)

Un été, un pèlerin seul arriva à l'ermitage de Ryūshu épuisé et assoiffé et s'écroulant à son entrée. Un moine passait alors par là et avec une branche d'un saule fit une incantation accordant la bénédiction du Bouddha à tous les êtres vivants. À cet instant, une source émergea du sol sauvant ainsi la vie du pèlerin. La branche de saule prit racine et devint un grand arbre et avec la source a depuis offert aux pèlerins un lieu de repos.

Temple 18, Onzanji (Komatsushima, Tokushima)

Kūkai pense à sa mère.
     À l'origine, ce temple avait décidé n'interdire son entrée aux femmes. Alors que Kūkai y pratiquait l'ascèse, sa mère, Tamayori Gozen, arriva de Zentsuji pour le voir. Pour lever l'interdiction, Kūkai passa dix-sept jours en ascèse à chanter un mantra secret debout sous une chute d'eau. Grâce à sa dévotion, sa mère fut autorisée à rentrer et à lui rendre visite. On dit qu'après cet incident, la mère de Kūkai décida de se raser et de devenir nonne dans ce temple.

Temple 19, Tatsueji (Komatsushima, Tokushima)

Le bouddha perçoit les mauvaises actions d'une personne.
     Une femme du nom d'Okyō, originaire de la préfecture actuelle de Shimane avait tué son mari et s'était enfuie à Shikoku avec son amant. Elle ressentit du remords arrivée au temple et demanda pardon à la déité locale. Ses longs cheveux s'enchevêtrèrent à la corde accrochée à la cloche du temple et furent ainsi arrachés. Elle passa la fin de sa vie comme nonne. Tatsueiji est l'un de ces temples à barrières et l'on dit que les personnes qui font des mauvaises actions ne passent pas au-delà de ce temple.

Shirasagibashi, le pont de l'aigrette, devant le Tatsueji (Komatsushima, Tokushima)

L'empereur Shōmu demanda à Gyōki de faire une statue de Jizō Bosatsu et de la poser au temple pour que l'impératrice Kōmyō puisse l'utiliser comme Bouddha personnel quand elle priait pour un accouchement sans difficulté. Alors qu'il cherchait un emplacement approprié, une aigrette apparut et après une courte dance se posa sur le pont qui traversait la rivière Tatsue.On a ainsi donné à ce pont le nom de pont de l'aigrette.
     Son autre nom, le neuvième pont, a une autre histoire pour origine. On trouvait alors sur le pont un emblème qui indiquait les neuf mondes. Quand des personnes mauvaises passaient sur le pont elles étaient tout de suite désorientées et paralysées, incapables de faire même un pas. C'est alors que l'aigrette apparaissait et se mettait à danser sur le pont. On dit que les personnes qui passent le pont sans voir l'aigrette sont des personnes pieuses.

Légende du chemin venteux où il ne gèle jamais (Katsuura, Tokushima)

Kōbō Daisi était assis sur un rocher à faire une veille, mais incapable de supporter la neige et le froid demanda aux villageois un endroit où passer la nuit. Les villageois s'accordèrent pour utiliser un balai de grande valeur pour en faire du bois de chauffage. Kōbō Daishi entendit les villageois parler de leurs difficultés à trouver de l'eau avec ce froid. En remerciement il planta son bâton dans le sol d'où jaillit une source. Après avoir chanté le Nenbutsu (Namu Amida Butsu), il interdit au gel de venir jusque là.
      L'emplacement d'Ikina et celui de Sakamoto sont liés. Ikina est situé dans un bassin spacieux entre les montagnes, le rendant facile à réchauffer. Sakamoto est plus haut dans la montagne, dans une vallée étroite, et l'eau de la rivière Tani est froide. Un vent plus doux souffle d'Ikina vers Sakamoto empêchant ainsi le gel de s'y former. Cette légende est une parfaite explication pour ce phénomène géologique.

Shashingatake (au-dessus du temple 21, Tairyūji)

Quand Kūkai eut 24 ans, il écrivit dans le Sangō Shiiki « j'ai grimpé le mont Tairyu dans la province d'Awa et médité au cap Muroto dans la province de Tosa. La vallée a fait écho à ma voix et Vénus est apparue dans le ciel. » Les légendes disent que Kūkai pratiqua l'ascèse ici quand il avait 19 ans, chantant les mantras pour Kokūzō Bosatsu un million de fois (une pratique qu'on appelle le Kokūzō Gumonjihō) qui donne au pratiquant une mémoire sur humaine.

Temple bekkaku 4, Saba Daishi (Kaiyō, Tokushima)

Gyōki pratiquait l'ascèse dans les environs (on dit aussi qu'il s'agissait de Kūkai). Un jour, en se reposant sur une route, un paysan arriva avec son fils et des poissons (saba) séchés sur une mule fatiguée. Gyōki s'inquiéta pour la mule, mais le paysan ne fit rien. Pour donner une leçon à celui-ci Gyōki rendit la mule plus forte, donna vit aux poissons et apprit aux paysans que les désirs humains étaient sans limites. Enfin ouvert aux enseignements du Bouddha, le paysan construit un abri pour Gyōki qui est à l'origine du nom de Saba Daishi. On dit que si vous priez ici et que vous vous abstenez de manger du saba pendant trois ans, vos désirs s'accompliront.

Haha-gawa, la rivière mère (Kaiyō, Tokushima)

     Pendant une période de sécheresse continue, une mère, pour donner à boire à son enfant parti dans la montagne pour trouver de l'eau où elle rencontra un moine en pèlerinage. Voyant l'eau qu'elle avait trouvée il la lui demanda. Elle lui donna l'eau sachant qu'il était pèlerin. Le moine impressionné, le moine fit une incantation sur le sol à l'aide de son gokosho et une rivière y apparut. Depuis ce temps-là, la rivière s'appelle la rivière mère et son cours ne s'est jamais interrompu ni souillé.

Gorogoro Ishi, les cailloux éparpillés (Tōyō, Kōchi)

Sans routes pavées à l'époque, alors que les vagues érodaient le sentier toujours trempé, des petits cailloux de cessent de voler de-ci de-là et il fallait toujours faire attention lors du passage sur cette route dangereuse.

Mikuradō (Muroto, Kōchi)

Après avoir quitté l'université de Nara, Kōbō Daishi parti pratiquer l'ascèse dans une grotte près de Muroto. Quand il eut 19 ans, il y vécut une expérience mystérieuse qu'il décrivit ensuite dans un de ses livres : « Vénus, brillante dans le ciel, vint voler dans ma bouche. »

Les sept merveilles de Muroto (Hotsumisakiji, Muroto, Kōchi)

  • Ichiya Konryū no Iwaya (la caverne creusée en une nuit), un temple intérieur créé par Kōbō Daishi
  • Kuwazonoimo (voir plus bas) • Nejiri Iwa (le rocher tordu), pour offrir à sa mère un refuge, Kōbō Daishi usa de ses pouvoirs pour tordre le rocher
  • Kane Ishi (le rocher cloche), un rocher qui quand on le frappe, sonne comme une cloche
  • Myōjō Ishi (le rocher de Vénus), avec ses pouvoirs, Kōbō Daishi fit briller un rocher pour faire fuir un serpent venimeux
  • Me Arai Ido (le puits pour laver les yeux), un puits dont l'eau a été bénie par Kōbō Daishi, permettant ainsi de l'utiliser pour guérir les maladies des yeux
  • Gyōzui no Ike (l'étang de purification), pendant son ascèse, Kūkai se serait baigné et purifié ici.

Temple 25, Shinshōji (Muroto, Kōchi)

Le temple qui sauva le seigneur de la noyade.
En l'an 1602, le seigneur de la province de Tosa, Yamauchi Kazutoyo eut un accident de bateau en naviguant au large du cap Muroto. Un moine apparut alors et prit le contrōle du bateau pour le ramener au port. Une fois arrivé, le moine disparu dans le Shinshōjo. Quand les habitants vénérèrent le Jizō Bosatsu du temple principal, ils virent que celui-ci était mouillé. Ils réalisèrent qu'il s'agissait du moine. La statue est considérée comme la déité gardienne des pêcheurs locaux et leur offre sécurité quand ils sont en mer.

Les sept merveilles de Iwamotoji, temple 37 (Shimanto, Kōchi)

  • Koyasu Sakura (le cerisier de l'accouchement sans danger) Kōbō Daishi pria sous cet arbre pour accorder un accouchement sans danger.
  • Sando Guri (trois fois des noix) Voir plus bas.
  • Kuchi Nashi Hiru (la sangsue sans bouche) Une sangsue perdit sa bouche quand Kōbō Daishi chanta une incantation.
  • Sakura Gai (le coquillage cerisier) Un coquillage sur la plage se transforma en pétale de cerisier.
  • Fudegusa (l'arbuste pinceau) Quand Kōbō Daishi enterra un pinceau de calligraphie dans le sable de la plage, un arbuste qui ressemblait au pinceau se mit à pousser.
  • Shiri Nashi Kai (le coquillage sans croupe) Quand Kōbō Daishi chanta une incantation, un coquillage très pointu s'arrondit.
  • To Tatezu no Shōya (la porte du chef du village) Une maison que les voleurs ne pouvaient pénétrer à cause des pouvoirs de Kōbō Daishi.

Temple 38, Kongōfukuji (Tosashimizu, Kōchi)

On dit que le cap Ashizuri est le point le plus proche de Fudaraku, la montagne où vit Kannon et le monde idéal vénéré comme terre pure d'Amida. Traverser la mer pour parvenir à Fudaraku (Fudaraku Tōkai) se dit des personnes qui prennent un petit bateau et se mettent à ramer en direction de la pleine mer, dans un élan d'espoir et de tristesse.

Les sept merveilles d'Ashizuri, temple 38, Kongiofukuji (Tosashimizu, Kōchi)

  • Jigoku no Hana (le trou de l'enfer) Un trou qui continue sous le temple principal.
  • Kōbō Daishi no Tsumebori no Ishi (Les traces des ongles de Kōbō Daishi dans le roc) Kōbō Daishi aurait tracé des caractères dans le roc avec ses ongles. • Kame Yobi Ba (Le lieu d'où les tortues sont appelées) Là où Kōbō Daishi aurait appelé des tortues pour l'aider à traverser la mer jusqu'à un récif.
  • Ichi Ya Konryū Narazu Torii (Le torii qui n'a pas été construit en une nuit) Les restes d'un torii que Kōbō Daishi n'a pas pu achever en une nuit.
  • Shio no Michihi Chōzubachi (Le bassin à marée) Un bassin dont l'eau suit les mouvements de la marée.
  • Kame Ishi (Le roc de la tortue) Un roc qui indique la direction du Kame Yobi Ba.
  • Yurugi Ishi (le roc qui se balance) Les mouvements du roc indiquent si une personne a un cœur pur ou non.

Temple 42, Butsumokuji (Seiyo, Ehime)

Un temple ami des animaux.
     Sur les conseils d'une personne âgée, Kūkai voyageait sur le dos d'un bœuf quand il remarqua un joyau qui réalisait les vœux pris dans un camphrier et étincelant. C'était exactement celui qu'il avait lancé vers l'Est alors qu'il était en Chine pour trouver un lieu approprié à l'enseignement du bouddhisme. C'est ainsi que les animaux domestiques sont vénérés ici dans un temple qui leur est dédié.

Temple 43, Meisekiji (Seiyo, Ehime)

On appelle ce lieu « Ageishi-san », littéralement « la pierre levée ».
Il y a longtemps, une jeune fille incarnant Kannon aux mille bras transportait une grosse pierre tard dans la nuit et sans qu'elle le réalise, jusqu'à l'aube. L'incarnation de Kannon fut si surprise de voir le soleil levant qu'elle disparut aussitōt. La pierre est vénérée sous le nom de Hakuo Gongen et un petit sanctuaire a été créé à proximité pour y faire des offrandes.

Temple bekkaku 8, Tōyohahashi (Ozu, Ehime)

Lors d'une nuit froide, Kōbō Daishi fut pris à attendre l'aube sous un pont. Son froid et la faim qu'il ressentit alors l'empêchèrent de dormir et il dit que cette nuit lui avait paru être dix nuits, donnant ainsi le nom de Pont des dix nuits à ce lieu. Ce pont est à l'origine de la coutume qui veut qu'on ne laisse pas son bâton de pèlerin toucher le sol lors de la traversée d'un pont.

Amikake Ishi, le roc couvert d'un filet (Matsuyama, Ehime)

Deux rochers gênaient tous les fermiers d'un village et ils souhaitaient les retirer. Les rochers étaient si grands qu'il ne bougeaient pas, quels que soient leurs efforts. Quand Kōbō Daishi passa par là il décida de les aider. Il entoura les deux rochers d'un filet et lia celui-ci à un bâton qu'il tira sur ses épaules. Le bâton se brisa. Une partie vola en direction d'Ōkubo, et l'autre est restée ici. Le rocher est toujours sur le bord de la route avec la trace du filet à sa surface.

La légende d'Emon Saburō, l'origine du pèlerinage (Matsuyama, Ehime)

L'histoire suivante s'est déroulée en 824. Emon Saburō était à la tête d'une famille particulièrement cruelle et avare d'Ebara dans la province d'Iyo. Un jour, un moine voyageur (Kūkai, mais Emon n'en savait rien) s'arrêta devant la demeure d'Emon sur le chemin de Takamatsu. Au lieu de lui donner quelque chose, Emon se mit à battre le Kūkai avec un balai de bambou pour le faire partir. Le bol de Kūkai tomba et se brisa en huit pièces.
L'histoire suivante s'est déroulée en 824. Emon Saburō était à la tête d'une famille particulièrement cruelle et avare d'Ebara dans la province d'Iyo. Un jour, un moine voyageur (Kūkai, mais Emon n'en savait rien) s'arrêta devant la demeure d'Emon sur le chemin de Takamatsu. Au lieu de lui donner quelque chose, Emon se mit à battre le Kūkai avec un balai de bambou pour le faire partir. Le bol de Kūkai tomba et se brisa en huit pièces.
Sans avoir rencontré Kūkai, il envisagea de faire son 21e pèlerinage dans le sens inverse. Arrivé au pied de la montagne sous le Shōsanji, aujourd'hui le temple 12, il était presque mort d'épuisement qu'il s'effondra. Kūkai le trouva ici et lui demanda quel était son vœu. Emon lui dit qu'il souhaitait renaître dans la famille Kono de la province d'Iyo et mourut dans l'instant. Kūkai plaça dans la main d'Emon une pierre ou il inscrit « Emon Saburō, renaît » et dit une prière pour sa réincarnation.
Plus tard, un fils naquit dans la famille Kono avec une main qu'il refusait d'ouvrir. Quand ses parents furent enfin capables d'écarter ses doigts, ils y trouvèrent une pierre sur laquelle était inscrit « Emon Saburō, renaît ». L'enfant était la réincarnation d'Emon Saburō et la pierre est aujourd'hui exposée dans un petit musée au temple 51, Ishiteji. On dit que cette histoire marque le début du pèlerinage.

Katamebuna no ido, le puits à la carpe borgne (Matsuyama, Ehime)

Une famille commençait à griller une carpe prise dans un puits près de leur demeure alors que Kōbō daishi passait par là en mendiant. « Quelle tristesse, donnez-moi la carpe » dit-il. « Nous avons déjà frit un œil, on ne peut rien y faire » lui répondent-ils. Mais Kōbō Daishi insista et remit la carpe dans le puits où, après avoir dit un nembutsu, elle revint à la vie. Depuis ce jour on dit qu'une carpe borgne apparaît de temps en temps dans ce puits et dans le puits de Murasaki qui y est connecté.

Inazuke Ike, l'étang au chien (Imabari, Ehime)

Les deux temples voisins que sont le Eifukuji et le Sen'yūji avaient le même supérieur qui avait un chien. Quand le supérieur souhaitait que les jeunes moines fassent quelque chose pour lui, il faisait sonner la cloche du temple où il était pour appeler le chien et s'en servait comme messager pour les moines en question. Un jour, par accident ou par malveillance, les cloches des deux temples sonnèrent en même temps. Incapable de savoir où aller, le chien plongeât dans l'étang et y mourut noyé, ce qui donna à l'étang le nom d'Inazuke Ike.

Mannō Ike, l'étang de Mannō (Mannō, Kagawa)

La préfecture de Kagawa est connue pour ses faibles précipitations et des sécheresses fréquentes. L'étang de Mannō fut construit avec l'ambition d'être le plus grand étang du Japon, ce qu'il est toujours aujourd'hui. Pendant son entretien, le travail était tellement dur que rien n'avançait. Pour résoudre les problèmes, le gouvernement envoya Kūkai, déjà héros local, et son charisme ainsi que la vénération dont il était le sujet alors suffit à promptement achever le projet.

Temple 68, Jinnein (Kannonji, Kagawa)

La légende de l'origine de Kotohiki.
     En 703, alors que Nisshō Shōnin, un moine supérieur de la secte Hosso pratiquait l'ascèse, il découvrit une petite embarcation sur la mer avec un vieil homme à bord qui pratiquait le koto. Aux oreilles de Nisshō Shōnin, cette musique était un message divin de la part du Daibosatsu Usa Hachiman. Pensant que le vieil homme était une incarnation du bosatsu il tira l'embarcation vers la cōte et le plaça ainsi que le koto dans un sanctuaire à Kotohikiyama, changeant le nom du lieu en Sanctuaire Kotohiki Hachimangu. Quand le gouvernement forçat la séparation du Shinto et du Bouddhisme au début de Keiji, le sanctuaire de Kotohiki et le temple de Jinnein se divisèrent en deux institutions.

Sutoku Jōkō (Sakaide, Kagawa)

Jōkō est le rang officiel donné aux empereurs retirés. Pendant la période Sutoku Jōkō (1119-1164), la société connaissait une ère de stabilité héritée de Heian (à partir de 794) et la famille impériale régnait en hégémonie acquérant des terres du début à la fin de son règne. Grâce à cette stabilité, Sutoku Jōkō fut nommé 75e empereur en 1123, mais seulement de nom, car il fut obligé d'abdiquer en 1142. Après son abdication, les conflits augmentèrent jusqu'à atteindre une période de guerre civile en 1156. Sutoku Jōkō fut banni à Sakaide, dans la province qui est aujourd'hui la préfecture de Kagawa, et fut emprisonné puis finalement assassiné pendant l'été 1164. Pour préserver son corps en attendant des directives de la capitale, il fut immergé dans d'eau de Yasoba. Son corps fut ensuite incinéré et enfoui dans l'enceinte du temple 81, Shiramineji. Le temple 79 fut ensuite nommé Tennnoji (le temple de l'empereur) et un sanctuaire voué à son culte fut érigé dans Shiromineji. Depuis cet épisode tragique, de nombreuses légendes et peintures ont été créées pour représenter le fantōme vengeur de Sutoku Jōkō.

Yasoba no shimizu, l'eau pure de Shimizu (Sakaide, Kagawa)

Pendant le règne de l'empereur Keiko, le fils de Yamato Takeru et quatre-vingts de ses serviteurs partirent afin d'éliminer un poisson mystérieux des mers du Sud. Lors de leur lutte, ils furent engloutis par le poisson. En commençant un feu dans les entrailles où ils se trouvaient, ils réussirent à s'enfuir et à tuer le poisson. Mais alors qu'ils étaient dehors, un jeune soldat mourut empoisonné par l'air vicié qu'il avait respiré en captivité. Ses compagnons portèrent le corps jusqu'à la fontaine de Yasoba et lui firent boire de cette eau pour lui redonner vie. Après cet évènement, le fils de Yamato Takeru prit le nom de Sarureo et régna dans toute la région.

La cloche du temple 80, Kokubunji (Takamatsu, Kagawa)

Le seigneur de Takamatsu aimait tant la cloche du temple de Kokubunji qu'il la prit dans sa demeure. Des désastres commencèrent à frapper la région sans cesse alors que la cloche sonnait « retourner à Kokubu ». Le seigneur décida alors de la rendre au temple. Il avait fallu cinquante hommes pour la porter à Takamatsu pendant plusieurs jours, mais le voyage de retour ne demanda que huit hommes et ne dura qu'une journée. La cloche fut alors connue comme cloche adoucissant le cœur des hommes.

Bishamon Kutsu no Shashin, devenir moine dans la cave de Bishamon (Takamatsu, Kagawa)

Unshiki était un fervent croyant en Kōbō Daishi et vivait dans la province de Bingo. À l'âge de 18 ans, il eut un rêve dans lequel il recevait un message divin qui lui disait « Va en pèlerinage et cherche Chigogatake au temple de Shiramineji à Sanuki. » À l'été 1681, il prit le départ de Marugame et à son arrivée à Chigogatake il tenta de grimper la colline, mais resta coincé dans les rochers. Lors de sa seconde tentative, il faillit faire une chute, mais un moine venu de nulle part lui sauva la vie.

Goshikidai Aominayama no Ushioni, légende du démon vache du mont Aominayama à Goshikidai (Takamatsu, Kagawa)

Un démon sous forme de vache apparut dans un village et semait la désolation. Sur les ordres du seigneur local, Yamada Kuroda Takakiyo parti la tuer. Craignant une malédiction il coupa les cornes de la vache et les donna en offrande à Negoroji avec quinze sacs de riz, et fit un service mémoriel pour la vache.

La plongeuse qui pris le joyau, Ama no tamatori densetsu, Shidoji (Sanuki, Kagawa)

Risquer sa vie pour son enfant
     Quand Fujiwara Fuhito construit le Kōfukuji de Nara, sa jeune sœur mariée en Chine lui envoya trois trésors dans un bateau qui sombra dans la baie de Shido. Un roi dragon déroba l'un d'entre eux, un joyau réalisateur de vœux. Fuhito vint à Shido pour récupérer son bien. Il épousa une plongeuse de laquelle il eut un fils, Fusasaku. La légende dit que la plongeuse se sacrifia en allant chercher le joyau en échange de la promesse que son fils soit successeur de la famille Fujiwara. Cette histoire est illustrée dans le « Shidoji Engi Ezu », une peinture qui décrit l'origine du temple de Shido. Pour s'assurer du bonheur de sa mère dans l'au-delà, Fujiwara Fusasaki construit une pagode de mille pierres dans l'enceinte du temple. Ces reliques existent toujours et ont pour nom « Ama no Haka », la tombe de la plongeuse.

Les trois montagnes de Mizushi, Mizushi Sanzan (Higashigakgawa, Kagawa)

Les trois montagnes de Mizushi ont pour centre le sanctuaire de Mizushi, comme les trois montagnes de Kumano à Wakayama. On dit que Zōun (1366-1449) du temple de Yodaji divisa en deux une déité du sanctuaire de Kumano et l'apporta à Mizushi. Le sanctuaire fut créé dans la seconde moitié du 8e siècle et on y trouve le puits Akai creusé par Kūkai. Dans le quartier des bains plus au nord-est, on trouve des bains en pierre utilisés par les croyants pour se purifier le corps.

Kuwazuno-imo, Kuwazuno-kai, Kuwazuno-nashi, Kuwazuno-kuri

Ce type de légendes est assez fréquent. On dit que quand Kūkai faisait le pèlerinage, il demandait aux habitants des patates douces (imo), des fruits de mer (kai), des poires (nashi) ou des châtaignes (kuri), mais on lui répondait alors en hésitant que leur qualité n'était pas bonne et qu'ils n'étaient pas propres à la consommation. Réalisant ceci, Kūkai chantait alors le Nembutsu et les produits devenaient alors vraiment malsains et immangeables. On trouve une histoire similaire au sujet d'un pêcher qui aurait flétri.
     Ces histoires sont bien sûr des superstitions. Elles étaient déjà publiées en 1683, mais on peut imaginer qu'elles étaient des croyances erronées en Kōbō Daishi répandues par Kōya Hijiri dans la région du mont Kōya. On a du mal à imaginer Kûkai, saint et ascète, demander des créatures vivantes aux habitants. On trouve des descriptions similaires dans le livre de Jakuhon, Shikoku Henro Kudoku Ki (1703).

Sando-guri, Yondo-kuri, Nanado-kuri

Kōbō Daishi fait fructifier des châtaigniers plusieurs fois dans l'année à la demande d'enfants. On trouve des histoires de châtaigniers qui donnèrent des fruits trois fois.

(Sando-guri)à :

Susaki, temple de Kanonji
temple de Iwamotoji
Izutazaka (un long tunnel près de Nakamura)
temple de Saifukuji dans le faubourg de Ueno à Shikoku-Chūō
faubourg de Kinokawa, Shikoku-Chūō

Les histoires de châtaigniers qui donnent des fruits quatre fois Yondo-kuri ou sept fois Nanado-kuri se trouvent à Mado Tōge Daishido, Tafukuin (temple Daishi au temple Tafuku à la passe de Mado, près du temple 41, Ryūkōji).

Histoires de guérisons

  • Zenzaburō du Kishū Kōyasan guérit de son bégaiement en faisant le pèlerinage.
  • Huit personnes de Kishū Ito-gun, passèrent la nuit ensemble dans la demeure de Kanshichi, un homme d'une grande piété, au pied de la montagne sous le temple Shōanji. Kanshichi demanda aux huit personnes de prier pour la guérison de sa femme. Immédiatement après qu'ils commencèrent à implorer la déité du Shōsanji, la femme guérit.
  • La fille de Amachiya Hichiemon, une personne de grande piété de Aki-gun Noneura, avait une tumeur au cou alors qu'elle avait quinze ans, mais guérit quand elle partit avec ses parents pour faire le pèlerinage.
  • La fille de Matajurō, un croyant de Kaifu-gun Hiwasaura, semblait mentalement déséquilibrée. Ses parents la prirent avec eux au pèlerinage et après le trentième jour, leur fille retrouva ses esprits et ils retournèrent chez eux.
  • Un lépreux d'Izumi fit le pèlerinage et guérit.
  • Une jeune femme de Takamatsu sans espoir de survie fut guérie après avoir imploré une déité. Il est ainsi conseillé de se rendre au temple soi-même, même dans un corps impur, au lieu d'envoyer quelqu'un à sa place.
  • De manière similaire, une vieille femme au ventre ballonné depuis sa naissance implora les déités de Zentsūji et fut guérie. Pour montrer sa gratitude, elle fit le pèlerinage.
  • Shobei, originaire deUwajima Shimomura, était de faible constitution, mais en offrant son logis en zenkonyado, sa maladie fut guérie.

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